Mis d’Aragon

Résumé

Mis d’Aragon Revue des Deux Mondes

L’impératrice, à qui je les montrais, dit à l’empereur : « C’est assez extraordinaire que tout ce qu’a fait M. de Tott soit destiné à me revenir. Il avait fait deux cents canons à Constantinople, je les ai tous. Il a orné ce palais de fleurs, je les ai. Il est des destinées singulières. » Ségur entra. Elle se tut, rit beaucoup, et, se tournant vers moi, me dit : J’étais sur mon beau dire. L’empereur parla beaucoup du caractère qu’il y avait à s’être mis au milieu de mille Tartares et combien ceci devait contribuer à avancer l’entière civilisation de ce pays.
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Mis d’Aragon Revue des Deux Mondes

Comme elle veut aller par eau jusqu’à Kerson et passer les cataractes, elle sera plus longtemps en chemin qu’elle n’avait compté. À sa place j’en ferais bien autant, car je n’ai rien vu de plus charmant que cette manière de voyager. C’est vraiment une fête continuelle et des plus superbes : une société charmante, — car Ligne et Ségur y font grand bien, — voyager sans s’en apercevoir que par les changemens de tableaux, bonne chère, l’impératrice plus aimable que jamais, passant avec elle depuis onze heures jusqu’après le dîner et depuis six heures jusqu’à neuf.
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Je disais à l’empereur que si je voyais sortir l’escadre pour aller chercher les vaisseaux qui sont devant Oczakof, je mettrais un habit gris et j’irais, en envoyant, en même temps, un courrier à Versailles et à Madrid pour en demander permission. Il me disait : je conçois cela, d’ailleurs vous avez votre habit tartare. L’impératrice retirée, l’on se promena sur la terrasse qui ressemble à celle de Versailles où l’on se promène l’été. Une grande tente illuminée où nous devions souper, de la musique, tout donnait l’air d’une superbe fête.
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