Résumé

C. Benedetti Trois ans en Allemagne : usages… (1900)

On ne pouvait faire l'empire allemand sans que la France soit vaincue. Napoléon III n'y aurait jamais consenti. Et après, il nous fallait l'Alsace-Lorraine, la réinté gration de tous les peuples allemands. C'était une terre d'empire. Je n'ai pas de haine pour les Français. On a fait la guerre simplement par besoin. Vous devez savoir que j'ai toujours dit : « Lorsque
la France et l'Allemagne seront unies, elles seront maîtresses du monde ».
Oui, je me suis dit, c'est vrai ce que dit le Fürst Bismarck ; le jour où la France et l'Allemagne seront unies, elles seront maîtresses du monde.
Source : Gallica

C. Benedetti Trois ans en Allemagne : usages… (1900)

Les républicains ou socialistes allemands regardent cette mesure comme un grand bienfait pour leur cause. Ceux qui émigrent du sol natal ne sont pas les riches, les gens qui se trouvent à leur aise. Ce sont les pauvres, les déshérités de la fortune qui prennent le chemin de l'exil volontaire. Et ceux à qui l'on ferme la porte pour ne pas les laisser sortir, ce sont les républicains et les socialistes. L'Allemagne en sera un jour si encombrée, qu'ils auront gain de cause. Les partis ne montent pas au pouvoir par leur sagesse. C'est la maladresse des gens au pouvoir qui les met à leur place.
Source : Gallica

C. Benedetti Trois ans en Allemagne : usages… (1900)

La rançon de la France n'a été que de cinq milliards de francs et on n'a pas tout gardé.
— Oui, Monsieur, cela est vrai ; mais l'argent pousse comme les champignons. Mettez de l'argent à la caisse d'épargne, et vous verrez comme ça pousse tous les ans. Ce sont les intérêts. Eh bien, cet argent-là, croyez-vous qu'il ne pousse pas ? Pas sot le Fürst Bismarck qui a mis cet argent à la Juliusturm. C'est la caisse d'épargne de l'empire allemand.
— Vous parlez comme un sage, Madame.
— Et on ne dépense pas un sou, pas même pour qu'on puisse marcher sans se faire du mal par les rues de Spandau.
Source : Gallica

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