Résumé

Portrait de Émile Wetterlé Émile Wetterlé L'Allemagne qu'on voyait et celle qu'on ne voyait pas (1916)

La pudique Allemagne a, depuis longtemps, renoncé à la réserve dont elle s'enorgueillissait autrefois, et on en vient à se demander comment les enfants, sous les yeux desquels s'étalent à chaque pas, dans la rue, tant de malpropretés, qui ne sont même pas spirituelles, peuvent encore cultiver dans leur cœur la petite fleur bleue de l'innocence, voire celle de la sentimentalité ! Le vice, dans l'Allemagne contemporaine, est, en effet, devenu éhonté, cynique. L'obscénité ne cherche plus son excuse dans la passion, elle est le but qu'on veut atteindre sans détours.
Source : Gallica

Portrait de Émile Wetterlé Émile Wetterlé L'Allemagne qu'on voyait et celle qu'on ne voyait pas (1916)

Comme de rigueur, les membres du Reichstag avaient été placés au parterre, sur les plus humbles strapontins. Encore les avait-on obligés à se mettre en habit, en culottes courtes, en bas de soie et en souliers à boucles.
L'orchestre et les loges étaient bondés de hauts fonctionnaires et de diplomates en grand uniforme. Les femmes, vieilles et jeunes, outrageusement décolletées, comme l'exige l'étiquette de
la Cour prussienne, qui ne tolère qu'une petite bande d'étoffe sur les épaules, exposaient tous leurs bijoux sur des chairs souvent fanées, dont l'étalage devait profondément les humilier.
Source : Gallica

Portrait de Émile Wetterlé Émile Wetterlé L'Allemagne qu'on voyait et celle qu'on ne voyait pas (1916)

Il y a, de fait, deux Allemagnes : celle que le touriste pressé parcourt, le Bædeker à la main, et qui, toute en façade, produit une impression de fausse grandeur sur les observateurs superficiels, — et l'Allemagne grandie trop vite, affolée d'ambitions et d'appétits démesurés, qui n'a pas su adapter ses mœurs et ses institutions à sa richesse et à sa renommée grandissantes, et chez laquelle, comme chez tous les parvenus, le désaccord est complet, criant, grotesque, entre le naturel demeuré grossier et l'effort tenté pour renier ses modestes origines.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature