Résumé

Un Péssimiste Guillaume II et son peuple : traduit de l'allemand avec l'autorisation de l'auteur (1907)

Oui, certes, Guillaume II n'a que trop souvent prouvé avec quel grand sérieux, il prend à coeur sa mission, pour qu'on ose lui imputer la pensée
d'exercer le favoritisme. Il croit véritablement au mérite de celui qu'il nomme ; il oublie seulement qu'il est lui-même un homme, avec des sympathies et des antipathies très marquées.
De plus, l'empereur, moins qu'un autre, s'est heurté aux dures réalités de la vie ; il est resté si fidèle, jusqu'en son âge mûr, à l'optimisme couleur de rose de sa jeunesse, qu'il voudrait bannir de son royaume tous les pessimistes.
Source : Gallica

Un Péssimiste Guillaume II et son peuple : traduit de l'allemand avec l'autorisation de l'auteur (1907)

Oui, je l'accorde, nous avons fait maint progrès dans le domaine de l'industrie, des relations intérieures et de la vie matérielle. Mais, en revanche, nous avons perdu notre vieille vertu allemande, cette noble aspiration vers la partie essentielle et intime des manifestations de la vie. En d'autres termes, nous avons remplacé notre antique idéal par des phrases vides et redondantes. Et,
portant nos regards vers le trône, ce trône qui jadis a donné au peuple son unité, sa force et son bien-être, nous constatons qu'il n'est plus capable d'aplanir les difficultés, grandes et petites.
Source : Gallica

Un Péssimiste Guillaume II et son peuple : traduit de l'allemand avec l'autorisation de l'auteur (1907)

Avec Otto de Bismarck, nous avons perdu la haute conscience que nous avions de nous-mêmes, ainsi que notre réserve politique. Sous sa puissante main, nous étions, nous valions quelque chose ; nous n'avions nul besoin de nous mettre sans cesse en avant, de vouloir perpétuellement démontrer la grandeur de notre unité allemande.
Aujourd'hui, à la place de notre antique dignité, nous sommes devenus des blagueurs, des parvenus, sans cesse tourmentés par la crainte d'être passés sous silence.
Guillaume Ier, lui, nous avait enseigné la
joie du labeur accompli, qui porte en lui-même sa récompense.
Source : Gallica

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