Résumé

Portrait de Antoine de Rivarol Antoine de Rivarol Pensées inédites de Rivarol ; suivies de deux Discours sur la philosophie moderne et sur la… (1836)

La souveraineté du peuple ne peut être que celle de la force : or la force n'est pas le droit. Montesquieu a mal défini le droit : il est fils de la conscience. Quand Marius, Sylla, César, s'emparèrent du pouvoir, ils n'en avaient pas le droit; Cromwell, qui était à ces grands et terribles hommes ce que l'Angleterre était à l'empire romain, usa du pouvoir sans le droit. La souveraineté est dans le corps politique, qui consiste dans ceux qui savent et qui possèdent, et qui veut un roi, un sénat, pour qu'il y ait droit, force et union dans le pouvoir.
Source : Gallica

Portrait de Antoine de Rivarol Antoine de Rivarol Pensées inédites de Rivarol ; suivies de deux Discours sur la philosophie moderne et sur la… (1836)

On attendra longtemps une bonne histoire de la révolution : mais dans le temps où nous sommes on est plus près d'une action que d'une idée, d'un regret que d'un remords, et d'un rôle quelconque que d'un talent. Les acteurs de la révolution ressemblent aux vents et aux vagues d'une mer irritée, ils font la tempête et l'ignorent. On ne peut pas encore donner aux Français une confession salutaire de leurs excès : il faut observer que partout ailleurs la révolution et son principe n'eussent été qu'une hérésie, mais faite en France elle devient la religion dominante de l'Europe.
Source : Gallica

Portrait de Antoine de Rivarol Antoine de Rivarol Pensées inédites de Rivarol ; suivies de deux Discours sur la philosophie moderne et sur la… (1836)

Les passions ne cèdent qu'à la crainte, ce sentiment vainqueur de tous les autres, cette sentinelle conservatrice de tout ce qui respire. La raison n'est qu'une conjecture avant l'événement, ou un retour douloureux sur nous-mêmes après l'événement. On sait l'histoire de Cassandre au siège de Troie. La raison est assise sur le rivage ; ses conseils sont perdus pour ceux qui sont en pleine mer; elle ne recueille que les naufragés. La crainte est surtout nécessaire pour gouverner tel peuple connu, parce qu'il est léger, vaniteux et insolent : il ne lui faut pas un gouvernement faible.
Source : Gallica

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