Arnould Frémy

Résumé

Arnould Frémy La chasse aux fantômes (1838)

De son vivant, Burchiello avait pu se croire, cependant, au nombre de ses intimes amis. Au lieu de pleurer sa mort, la Gabrielli se contenta d'accorder, d'un ton léger, quelques regrets aux leçons du professeur de chant dont elle se voyait privée.
« Mais, » s'écria-t-elle aussitôt avec abandon, et en passant ses bras autour du cou d'Angelo, « tu le remplaceras, toi, mon bienaimé. Cette voix pure et ces accents d'amour que toi seul sais faire entendre valent mieux, à coup sûr, pour former une bonne chanteuse, que toutes les leçons des plus savants professeurs. »
Source : Gallica

Arnould Frémy La chasse aux fantômes (1838)

Peut-on rendre avec plus de force et de vérité les tourments d'une ame jalouse, la peine et la fureur d'une femme que son amant trahit? Cet air qu'elle chante, au premier acte, n'exprime-t-il pas bien la langueur qui s'est emparée d'elle?.... Mais, hélas ! pourquoi faut-il que cette passion ne soit que dans les gestes et le jeu de la Colombella? Pourquoi faut-il que le ciel, en lui donnant cette voix si douce et si belle, ait fait d'elle en même temps la créature la plus cruelle, la plus volage qui ait jamais attiré sur sa tête les malédictions d'un amant jaloux?...
Source : Gallica

Arnould Frémy La chasse aux fantômes (1838)

C'était un certain Burchiello, ancien ténor du Théâtre du Roi, fort beau naguère, et qui, maintenant, consacrait à l'enseignement de la musique les restes d'une voix brillante, mais presque éteinte et cassée par le temps.
Depuis la mort de l'orfèvre, Burchiello ne quittait plus la Gabrielli. Ses yeux brillaient encore, auprès d'elle, d'un certain éclat sous la perruque qui lui couvrait le front. Son corps était ferme et point trop voûté. On disait tout bas qu'il occupait, dans le coeur de sa belle élève, une place que les chanteuses n'ont guère la coutume de refuser à leurs maîtres de chant.
Source : Gallica

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