Auguste Creuzé de Lesser

Auguste Creuzé de Lesser

Résumé

Portrait de Auguste Creuzé de Lesser Auguste Creuzé de Lesser Le roman des romans. Tome 2 (1837)

ERMANCE.
Il paraît que ma destinée était de résister à mes sentimens les plus doux et les plus justes, et de les sacrifier à mes devoirs....
BERMEUIL.
Ah, ma fille, que vas-tu me dire !
ERMANCE.
Ecoutez-moi, mon bon père, et laissezmoi du moins plaider ma cause devant vous; car, malgré votre tendresse, je serais tentée de m'en rapporter à votre justice. Rester auprès de vous c'est un bonheur, c'est même un devoir ; mais n'en ai-je pas un plus sacré encore? Sans doute, il y a eu un temps où j'ai renoncé à vivre auprès de mon mari, où j'ai même refusé de le rejoindre
Source : Gallica

Portrait de Auguste Creuzé de Lesser Auguste Creuzé de Lesser Le roman des romans. Tome 2 (1837)

M. de Saint-André vivait auprès de moi. Je pouvais vous recevoir puisqu'il le permettait ; aujourd'hui, séparée de lui, et veuve sans l'être, je n'aurai pas l'imprudence de me le permettre; plus vous m'intéressez, Tercy, moins je dois vous voir. Laissez-moi penser que c'est une femme digne d'estime qui vous a inspiré tant d'attachement, et n'insistez pas pour qu'elle s'expose à ne plus mériter le vôtre. Aimons-nous, que nos coeurs s'entendent, mais de loin; mon ami, je l'exige, je fais plus, je vous le demande.
— Ah ! enchanteresse que vous êtes, quel mal vous me faites! de quel bonheur vous
Source : Gallica

Portrait de Auguste Creuzé de Lesser Auguste Creuzé de Lesser Le roman des romans. Tome 2 (1837)

Ermance, vous ne voulez plus me voir! vous me punissez de votre amour pour moi! Mais oui, vous m'avez bien jugé; j'aurais résisté à votre ordre: je cède à votre prière, je ne vous verrai plus. O supplice, né de mon bonheur! Ah! Ermance, que je vais porter envie à ceux que vous n'aimez pas ! ceux-là vous verront du moins !
— Mon ami, je n'ai pas trop présumé de vous; vous prenez le seul moyen possible pour vous faire aimer encore davantage. Mais en consentant à un sacrifice nécessaire, n'ajoutez pas à ma peine en me laissant trop voir votre douleur.
Source : Gallica

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