Résumé

Charles-Joseph Bail Napoléon aux Champs-Élysées, nouveau dialogue des morts… (1821)

« Je suis ce Roi fameux, cet Henri que la France méconnut de son vivant, qu'elle révère aujourd'hui, et dont un fanatique trancha la vie. Comme toi , je fus soldat en naissant , je sus vaincre , régner et pardonner. Voici ce Louis , qui jadis combattit vaillamment, fit respecter la France et les lois, éleva son peuple au premier rang des nations , et légua le grand siècle à l'histoire , ce Louis, enfin, qui te plaint, qui t'admire et qui t'aime. »
Napoléon , à l'aspect de ces deux ombres , s'inclina profondément.
Source : Gallica

Charles-Joseph Bail Napoléon aux Champs-Élysées, nouveau dialogue des morts… (1821)

Non loin de sa prison était un ruisseau limpide et solitaire ; un saule ombrageait ce désert comme un rustique ornement sorti des mains de la nature. A travers mille sentiers escarpés il venait méditer en ce lieu, et jusque dans les fers braver encore Albion.
Ses compagnons versaient des pleurs sur sa destinée ; Napoléon parlait de ses actions comme de celles d'un autre ; dans ses discours
(9) était l'éloquence des héros ; dans son maintien, le calme imposant du malheur. Etranger aux humains, libre des soins de la royauté , il donnait un grand spectacle au monde
Source : Gallica

Charles-Joseph Bail Napoléon aux Champs-Élysées, nouveau dialogue des morts… (1821)

Dans ce séjour brille l'immortelle clarté ; la haine, l'envie, les passions n'y troublent point les coeurs ; une volupté douce et tranquille enivre de plaisirs sans regrets : on jouit toujours et l'on désire sans cesse. On y voit les héros, les grands rois, les sages, les hommes vertueux de tous les rangs, et ces soldats, prodigues de leur vie un jour de bataille, ignorés pour jamais après la victoire. Dans cet empire sacré , le temps n'a plus d'ailes, et les Rois de flatteurs.
Source : Gallica

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