Résumé

D. Nolen Stadler. — La téléologie de Kant

Au fond, la pensée de Kant est que tout dans la nature se fait mécaniquement ; mais que notre investigation ne peut pénétrer la subtilité infinie du mécanisme naturel, dans la production des organismes. Il n’est pas moins fermement convaincu que le mécanisme n’est que l’instrument de la finalité : seulement cette finalité ne peut être l’objet d’une connaissance scientifique ; et la téléologie ne saurait faire partie de la science physique véritable. « C’est que nous ne comprenons complétement que ce que nous pouvons nous-même reproduire et réaliser à l’aide des idées que nous nous faisons. »
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D. Nolen Stadler. — La téléologie de Kant

Notre entendement considère le mécanisme « comme l’instrument employé par une cause agissant suivant un dessein, par une cause dont la nature réalise les fins tout en obéissant à ses lois mécaniques. »
Kant n’admet pas pour cela l’hylozoïsme ; il s’élève avec force contre l’abus qu’on est toujours tenté de faire du concept de force dans l’explication de la nature. Sa téléologie conduit directement à la négation du vitalisme. Une force agissant sans conscience, mais en vue d’une fin, n’est pas une donnée de l’expérience, et doit être sévèrement bannie de la science.
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D. Nolen Stadler. — La téléologie de Kant

Les conceptions de Kant sur le système des fins, qui a son couronnement et son principe sur la nature dans la suprématie de l’homme en tant que volonté pure, v’est-à-dire en tant qu’être raisonnable, ont encore moins à redouter les progrès de la science. Kant n’a rien de commun avec ces causes finales que raillait si spirituellement Voltaire, et dont l’optimisme puéril veut réduire toutes les fins de la nature à la seule satisfaction de l’homme sensible. — Ce n’est pas un moins grand mérite de Kant d’avoir nettement séparé la théologie et la téléologie.
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