Résumé

De la censure et des censeurs (1820)

Il y a huit jours que la censure est établie et toute sa nullité est déjà démontrée. Elle peut ruiner quelques propriétaires de journaux ; mais il est au-dessus de ses forces d'arrêter ce que les ministres redoutent : la libre critique des actes et des projets du pouvoir ; la publicité enfin, qui est l'âme des gouvernemens représentatifs.
Bravant la censure, la vérité paraît sous mille formes , sous mille titres divers : Les journalistes publient les rognures que l'on fait à leurs articles, et toutes font voir au grand jour la niaiserie de la censure.
Source : Gallica

De la censure et des censeurs (1820)

Déjà, les courtisans on levé leurs encensoires autour du trône, et la triste vérité s'efforce en vain de se faire jour au travers des nuages qui l'environnent. Tandis que la grande majorité des hommes éclairés s'inquiète sur les conséquences d'un système funeste ; lorsque l'amour des peuples, qui ne sait pas séparer le gouvernement de la personne du souverain, se change en indifférence, les adorateurs du pouvoir répètent un concert de louanges, dont le refrein est toujours celui-ci : Seigneur, trois fois grand, trois fois saint et trois fois juste, délivrez-nous de nos ennemis et des vôtres !
Source : Gallica

De la censure et des censeurs (1820)

En vérité lorsqu'on examine leur conduite, on ne sait que penser d'eux : je me trompe on se met à rire.
En même temps que nos très-illustres ministres trouvaient douze censeurs, ils se voyaient fort embarrassés pour jouir de leur autre loi de confiance sur la liberté individuelle. Encore qu'ils aient l'air de mépriser l'opinion publique, ils ont peur de lasser la patience de la nation ; ils s'avancent tout doucemement ; ce n'est qu'avec beaucoup de précaution qu'ils descendent, qu'ils mettent un pied dans la voie de l'arbitraire
Source : Gallica

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