Benjamin Constant,
Observations sur le discours prononcé par S. E. le ministre de l'intérieur…
(1814)
“ La majorité du parlement, séparée du roi, qui lui permet d'exister, ou du peuple, qui la confirme, n'a donc nul pouvoir. Si le roi est obligé de céder à cette majorité, c'est lorsqu'elle est forte de, l'assentiment populaire, et que de roi sait, qu'il ne gagneroit rien à la dissoudre, parce qu'elle serait aussitôt renommée. Mais ce n'est pas alors à la majorité, du parlement que le roi cède, c'est à l'universalité de l'opinion nationale. Il n'y a donc dans le parlement ni oligarchie, ni décemvirat romain. Ce n'est pas la majorité qui fait la loi, l'accusation, le jugement et qui l'exécute. ”
