Résumé

Portrait de Benjamin Constant Benjamin Constant Observations sur le discours prononcé par S. E. le ministre de l'intérieur… (1814)

La majorité du parlement, séparée du roi, qui lui permet d'exister, ou du peuple, qui la confirme, n'a donc nul pouvoir. Si le roi est obligé de céder à cette majorité, c'est lorsqu'elle est forte de, l'assentiment populaire, et que de roi sait, qu'il ne gagneroit rien à la dissoudre, parce qu'elle serait aussitôt renommée. Mais ce n'est pas alors à la majorité, du parlement que le roi cède, c'est à l'universalité de l'opinion nationale. Il n'y a donc dans le parlement ni oligarchie, ni décemvirat romain. Ce n'est pas la majorité qui fait la loi, l'accusation, le jugement et qui l'exécute.
Source : Gallica

Portrait de Benjamin Constant Benjamin Constant Observations sur le discours prononcé par S. E. le ministre de l'intérieur… (1814)

Dans tout pays soumis au despotisme ou à l'arbitraire, les écrits de circonstances sont les misérables productions d'auteurs que le pouvoir paye et que la nation repousse. Honteux de la mission qu'ils ont acceptée, ces hommes n'ont de point d'appui ni dans leur conscience ni dans l'assentiment du public. Ils remplissent mécaniquement une tâche mercenaire ; ils agitent sans succès les tristes restes du talent qu'ils ont tué ; car, par une loi de la nature, dont nous devons rendre grâces à son Créateur, le talent meurt quand il s'avilit.
Source : Gallica

Portrait de Benjamin Constant Benjamin Constant Observations sur le discours prononcé par S. E. le ministre de l'intérieur… (1814)

Quant à l'assertion que la censure ne sera point pénible pour ceux qui cultivent les lettres, sur quoi cette assertion est-elle fondée? Quelle garantie le ministre lui-même peut-il avoir de la conduite de chaque censeur ; conduite qui dépend de son caractère, de ses relations, de mille circonstances secrètes ou passagères? Jugera-t-il par les procédés de ce censeur envers lui, autorité supérieure, de ceux de cet homme envers les écrivains placés dans sa dépendance ? Ne sait-on pas que les plus obséquieux envers la puissance sont les plus arrogans envers la foiblesse ?
Source : Gallica

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