Benjamin Constant,
De la Liberté des brochures, des pamphlets et des journaux…
(1814)
“ Mais pour que les Journaux produisent cet effet noble et salutaire, il faut qu'ils soient libres. Quand ils ne le sont pas, ils empêchent bien l'opinion de se former, mais ils ne forment pas l'opinion. On lit leurs raisonnemens avec dédain, et leurs récits avec défiance. Ou voit dans les premiers, non des argumens, mais des volontés; on voit dans les seconds, non pas des faits, mais des intentions secrètes. On ne dit point, voici qui est vrai ou faux, juste ou erroné; on dit : voilà ce que le Gouvernement pense, ou plus encore ce qu'il veut faire penser. ”
