Résumé

Denis Joseph Duponchel Lancelle et Anatole, ou Les soirées artésiennes… (1852)

JULIEN.
Ah ! je ne veux pas qu'on dise de moi que je n'ai pas plus d'âme que mon oison.
SANS-SOUCI.
N'avoir pas d'âme ! c'est n'avoir ni coeur, ni courage, ni honneur. Quant à moi, je regarderais comme une insulte qu'on pût seulement penser que je sois sans âme. C'est, en effet, nous ravaler au-dessous des bêtes; l'homme a sûrement une âme.
ANATOLE.
L'homme existe, mais a-t-il toujours existé ? Quand nous examinons ce qui nous entoure, nous voyons bien l'homme maître et dominateur de la nature ; mais nous le voyons, comme tout ce qui a vie, naître, croître , dépérir et mourir.
Source : Gallica

Denis Joseph Duponchel Lancelle et Anatole, ou Les soirées artésiennes… (1852)

ANATOLE.
Est-il moins étrange d'exister un jour, une heure , un seul instant ? Le miracle n'est pas de continuer d'être, mais d'avoir commencé. Celui qui a pu forcer le néant à enfanter tous les êtres, sera-t-il moins puissant pour les conserver? Exister est le triomphe de nos âmes, le voeu de nos coeurs, le cri de la raison générale, et l'espoir du genre humain. Tous nos désirs , notre orgueil même, nous portent à nous élever ; les impies seuls se traînent avec effort et bassesse vers le néant, quand nos âmes tendent sans cesse vers Dieu.
Source : Gallica

Denis Joseph Duponchel Lancelle et Anatole, ou Les soirées artésiennes… (1852)

LANCELLE.
Voilà bien pour le paradis et pour l'enfer, j'en conviens sans peine, que l'éternité doit être le partage de l'un et de l'autre : peut-on donner sur le purgatoire des raisons aussi satisfaisantes?
ANATOLE.
Sans nul doute; car la raison est toujours d'accord avec la foi, et la religion ne demande qu'à être étudiée de bonne foi, pour convaincre les âmes droites; elle ne se refuse à aucune espèce d'examen. L'homme ne peut mourir que dans trois états : 1° l'état de justice parfaite, et avec un grand amour de Dieu, qui conduit droit au ciel.
Source : Gallica

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