Résumé

Encyclopédie des gens du monde

Sophocle remporta vingt fois le premier prix de la tragédie ; souvent il obtint la seconde nomination, jamais la troisième. Telle était la douceur de son caractère, dit son biographe, qu’il était chéri de tout le monde. Il était si attaché à son pays, que les offres de plusieurs rois qui l’engageaient à venir auprès d’eux ne purent jamais le décider à quitter sa patrie. Les Athéniens, pour lui donner un témoignage de leur admiration, l’élurent général, à l’âge de 57 ans, sept années avant la guerre du Péloponnèse, lors de leur expédition contre Samos.
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Ainsi, du triste dogme de la prédestination, le poëte n’a pris, en quelque sorte, que la partie étrangère à l’homme ; il en retranche toute la partie odieuse, celle qui répugne le plus à la nature humaine, c’est-à-dire l’imputabilité.
Certes une pareille transformation de l’idée du destin dans la tragédie grecque marque un progrès assez important dans l’histoire des idées morales, pour autoriser à dire que Sophocle avait pressenti quelques-unes des vérités que le christianisme devait mettre en lumière quelques siècles plus tard.
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Le délire qui égare son esprit est une punition de son irrévérence envers les dieux ; mais, dans la réalité, Ajax est victime de la colère de Minerve : au fond du délit qui lui attire un châtiment si funeste, on ne voit guère qu’une rancune de la déesse qui veut venger un grief personnel. L’intervention divine n’apparaît donc ici que dans un intérêt privé, et non dans l’intérêt de la loi morale. Que si nous passons à l’Œdipe à Colone, nous voyons encore en lui la victime de la fatalité
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