Résumé

Eugène Gilbert Le Roman en France pendant le XIXe siècle

Il est impossible d’établir sans conclusions sévères le bilan du roman-feuilleton. Si la fiction y a gagné de pénétrer, à la faveur de l’entraînement universel, parmi de nouvelles classes de lecteurs, elle y a perdu énormément de sa valeur littéraire. Au lieu de viser à réjouir les délicats et à mériter l’estime des lettrés en faisant œuvre d’art, en châtiant leur style et en creusant leur invention, les auteurs se sont livrés aux caprices tyranniques d’une masse aveugle.
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Eugène Gilbert Le Roman en France pendant le XIXe siècle

Nous classerons en un rang spécial MM. Gabriel Ferry, Gustave Aimard et de la Landelle.
Insoucieux de morale, Frédéric Soulié eut le don de nouer une intrigue et de la mouvementer. Il parvint aussi à piquer vivement la curiosité et à captiver l’intérêt. Il ne négligea point l’étude des caractères, et même, dans les premiers temps, on le vit soigner son style. Ce qui le perdit, ce fut l’excès de sève dramatique qu’il avait dans l’imagination, les négligences inséparables d’une improvisation forcenée, son défaut d’équilibre et de proportion.
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Eugène Gilbert Le Roman en France pendant le XIXe siècle

Son journal, la Presse, inaugura, au milieu d’un grand tapage de réclame, le feuilleton de chaque jour consacré au roman. Peu après, E. Sue vendait ses Mystères de Paris au Journal des Débats pour 100,000 fr. selon les uns, pour 50,000 selon d’autres.
Il est impossible de ne pas reconnaître dans celle innovation fameuse, — reflet, sans doute, de la démocratisation sociale, — une cause de la démocratisation littéraire du roman.
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