Eugène Gilbert

Élements biographiques

Eugène Gilbert Revue des Deux Mondes tome 44, 1908

Depuis qu’il y a des romans, depuis l’Odyssée, le romancier se place à son point de vue d’homme. La femme représente dans un roman l’objet esthétique. Et jusqu’à présent, quand des femmes faisaient des romans, elles se plaçaient au même point de vue puisqu’elles imitaient l’homme : c’est, notamment, le cas de George Sand. Au contraire, dans la Nouvelle Espérance, on a vu, pour la première fois, une femme se placer à son point de vue de femme : dans ce roman, c’est l’homme qui devient l’objet esthétique.
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Eugène Gilbert Revue des Deux Mondes tome 44, 1908

L’amour, a-t-il dit dans une étude sur les Personnages de roman, n’est que l’épisode sur le terrain de la vie, tantôt le feu d’artifice, tantôt la lampe sage qui veille. Et que cette clarté luise ou non, le travail se poursuit sans relâche. Il est la grande loi dure de l’humanité. Il nous touche par la douleur, par les destinées qu’il nourrit, par les conditions qu’il mélange, par les antagonismes qu’il crée. Tous les états de fortune relèvent de lui ; tous les hommes sont bénéficiaires de l’effort.
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Eugène Gilbert Le Roman en France pendant le XIXe siècle

Il est impossible d’établir sans conclusions sévères le bilan du roman-feuilleton. Si la fiction y a gagné de pénétrer, à la faveur de l’entraînement universel, parmi de nouvelles classes de lecteurs, elle y a perdu énormément de sa valeur littéraire. Au lieu de viser à réjouir les délicats et à mériter l’estime des lettrés en faisant œuvre d’art, en châtiant leur style et en creusant leur invention, les auteurs se sont livrés aux caprices tyranniques d’une masse aveugle.
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