Résumé

Grand dictionnaire universel du XIXe siècle…

Sous l’influence d’une passion vive, d’un sentiment profond, l’éloquence jaillit chez les hommes les moins éclairés. Elle coule de leur bouche comme un torrent naturel, dont les eaux sont troublées par la vase qu’il remua et le gravier qu’il emporte. Les grossièretés, les fautes de langage et de goût n’arrêtent pas son cours, ne l’empêchent pas d’atteindre son but et de produire l’impression.
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Grand dictionnaire universel du XIXe siècle…

Au milieu de ces ténèbres, l’éloquence disparaît comme les autres manifestations du génie humain ; de loin en loin seulement, quelques éclairs témoignent qu’elle subsiste encore, avec les saint François d’Assise, les saint Thomas d’Aquin, les Abélard, les saint Bernard. Ces rares lumières finissent par s’éteindre, et, dans la plus grande partie de l’Europe, la chaire chrétienne n’est plus, jusqu’au xviie siècle, qu’ignorance, violences et grossièretés. Le latin s’y mêle à la langue vulgaire d’une façon macaronique ; la crudité des paroles y accompagne l’indécence des idées.
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Grand dictionnaire universel du XIXe siècle…

L’éloquence est l’âme même ; l’éloquence est l’âme rompant toutes les digues de la chair, quittant le sein qui la porte et se jetant à corps perdu dans l’âme d’autrui. (Lacord.) Le mystère de la parole à l’état d’éloquence, c’est la substitution de l’âme qui parle à l’âme qui écoute. (Lacord.) L’éloquence n’a qu’un rival, et encore ce rival ne l’est-il que parce qu’il est éloquent : c’est l’amour. (Lacord.) L’éloquence n’est pas au barreau ; rarement l’avocat y déploie les forces réelles de son âme
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