Henri Bois

Résumé

Henri Bois Le sentiment religieux (1900)

Ce n’est pas être intellectualiste que de se refuser à tout absorber dans l’émotion, tout, y compris la raison elle-même. Ce n’est pas être intellectualiste que de se refuser à ramener la loi morale au sentiment pur. L’intellectualisme véritable et damnable, c’est celui qui consiste à attacher tant d’importance à la doctrine, œuvre de l’intelligence, qu’on la lui accorde presque toute, que de moyen on la transforme en but, et qu’on en vient à mesurer au degré de l’orthodoxie la valeur morale et religieuse des autres et de soi-même.
Source : Gutenberg

Henri Bois Le sentiment religieux (1900)

Où donc dans toute l’histoire de notre race, la religion de Dieu à l’égard de l’homme se marque-t-elle en des traits plus touchants que dans cet Évangile où notre cœur frémissant contemple et adore un Dieu qui donne au monde, un Dieu qui sacrifie à l’homme son Fils bien-aimé, un Dieu qui prie, qui supplie l’homme d’agréer ce sacrifice et de se réconcilier avec lui ! Voilà le Dieu amour qui provoque l’amour ! Voilà le Dieu qu’il faut au vrai sentiment religieux ! Un tel Dieu — laissez-moi enfin le proclamer — un tel Dieu est trop humain pour avoir été inventé par l’homme !
Source : Gutenberg

Henri Bois Le sentiment religieux (1900)

Intellectuellement convaincu qu’il lui faut être chrétien, Pascal n’est pas chrétien pourtant. Sa sœur Jacqueline nous informe qu’« il ne sentait aucun attrait de ce côté-là ». C’est que l’intelligence ne peut changer de but en blanc l’état profond d’un cœur. « Qu’il y a loin de la connaissance de Dieu à l’aimer ! » « Est-ce par raison que vous aimez ? C’est le cœur qui sent Dieu et non la raison. Voilà ce que c’est que la foi : Dieu sensible au cœur et non à la raison. » « La foi est dans le cœur. » Or, en quoi consiste proprement ce cœur rebelle, cette nature qui sépare Pascal de Dieu ?
Source : Gutenberg

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