Henry Ratel, La mort de deux ennemis. Episode de la guerre franco-allemande (1872)
“ Le lignard regarde le soldat allemand avec stupeur, puis avec pitié. Au prix des plus horribles douleurs il parvient jusqu'auprès de son ennemi, et là, penché sur ce corps, il étudie anxieusement son pâle visage qui grimace sous l'action de la plus douloureuse agonie. De grosses larmes tombent de ses yeux sur les joues du Bavarois; il le remue doucement de sa bonne main, l'appelle du nom de camarade, lui soulève la tête et la fait reposer sur ses genoux. Enfin non sans l'avoir regardé tristement il prend son bidon son dernier espoir ! et l'approche des lèvres du mourant qui boit avec avidité. ”
