“ Son beaume étincelant, de laiton jaune, portait, enchâssée, une pierre de cristal transparent, et était surmonté d’une figure de griffon dont la tête était ornée d’une pierre aux propriétés merveilleuses. Il tenait à la main une lance à la hampe de frêne ronde, teinte en azur, au fer fraîchement ensanglanté, fixè par des goupilles d’argent. Il se rendit, tout irrité, auprès d’Arthur, et lui dit que les corbeaux avaient massacré les gens de sa maison et les fils des nobles de l’île ; il lui demanda de faire à Owein arrêter ses corbeaux. ”
Résumé
Les Mabinogion, recueil de récits médiévaux gallo-romans, rassemble des contes héroïques et magiques liés à la tradition arthurienne. Bien que l'auteur reste inconnu, ces textes, souvent attribués à la tradition bretonne, célèbrent les exploits de chevaliers comme Owein, Pwyll ou Peredur, dans un cadre mythique où l'île de Bretagne et l'Annwn (monde des morts) jouent un rôle central.
Les thèmes de quête, de magie et de destin, entrelacés, illustrés par des descriptions richement détaillées, révèlent une structure narrative variée, oscillant entre récits épiques et rêves oniriques. Ce recueil, compilé au XIIe siècle, constitue un pilier de la littérature celtique médiévale.
Citations de Les Mabinogion ()
“ Lunet rentra. Le lendemain, à midi, Owein revêtit une robe, un surcol ; et un manteau de paile jaune, rehaussé d’un large orfrei de fil d’or ; ses pieds étaient chaussés de brodequins de cordwal bigarré, fermés par une figure de lion en or. Ils se rendirent à la chambre de la dame qui les accueillit d’aimable façon. Elle considéra Owein avec attention : Lunet », dit-elle, « ce seigneur n’a pas l’air de quelqu’un qui a voyagé ». — « Quel mal y a-t-il à cela, princesse, » dit Lunet ? — « Par Dieu et moi, ce n’est pas un autre que lui qui a fait sortir l’âme du corps de mon seigneur. » ”
“ Pryderi, fils de Pwyll, chef d’Annwn. » ― « Voyez, » dit Riannon, « si son propre nom à lui ne lui irait pas mieux encore ». « Quel nom a-t-il ? » dit Pendaran Dyvet. « Nous lui avons donné le nom de Gwri Wallt Euryn [182] . » ― « Pryderi sera son nom, » dit Pendaran. « Rien de plus juste, » dit Pwyl, « que de lui donner le nom qu’a dit sa mère, lorsqu’elle a eu à son sujet joyeuse nouvelle. » On s’arrêta à cette idée. « Teyrnon, » dit Pwyll, « Dieu te récompense, pour avoir élevé cet enfant jusqu’à cette heure ; il est juste aussi que lui-même, s’il est vraiment noble, te le rende. » ”
