Résumé

Léon Favre Revue des Deux Mondes

Il est donc permis de croire que la science et l’énergie européenne, mues par l’intérêt si puissant qui s’attache à la colonisation de l’intérieur de l’Amérique, sauront vaincre des obstacles qui n’arrêtent pas des nations à demi barbares. La Californie alors sera moins près de l’Europe que les rives du Tipuani, et pendant que l’or de la Bolivie brillera sur nos marchés, le café des yungas, qui rivalise avec celui de Moka, le cacao, qui vaut celui de Cuba, iront aussi s’échanger dans nos ports et donner la preuve de ce que la civilisation pourrait faire de ce pays.
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Dans ces pauvres pays favorisés du soleil, mais emprisonnés jusqu’ici et pour ainsi dire soustraits à l’œil de la spéculation, tout manque à la fois, les bras et l’argent. Un effroyable sentier qualifié de chemin met seul l’or de Tipuani en relation avec la Paz, où se fait le trafic. Ces magnifiques routes fluviales tracées par la main de Dieu comme les voies naturelles qui doivent faire pénétrer la civilisation de l’Europe au milieu des richesses de l’Amérique, ne sont jusqu’à ce jour que des horizons inconnus auxquels nul n’a osé confier sa fortune.
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Pour que les améliorations pussent féconder l’exploitation actuelle et permettre celle des autres rivières, il faudrait qu’une voie nouvelle fût ouverte et rapprochât la Bolivie de l’Europe. C’est ce qui doit immanquablement arriver, grâce à l’expédition scientifique qu’on projette en ce moment : des obstacles existent sans doute et sont d’autant plus difficiles à surmonter qu’il s’agit de traverser des pays inconnus, habités presque tous par des peuplades sauvages.
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