Robert Léger

Résumé

Robert Léger Revue des Deux Mondes

C’est pourquoi surtout l’amour, chez les héros de Fogazzaro, est toujours un moyen de se purifier, de combattre la bassesse, de sortir de la fange, de s’élever, de s’élever toujours ! Et par là on voit aussitôt combien sa doctrine de l’amour se raccorde aux tendances générales de son esprit, à l’essence de son système, à l’idée dominante de son œuvre.
Seigneur des âmes, s’écrie Conrad Silla, c’est toi qui me les donnes ces divins fantômes, ombres de l’avenir, ces ardeurs qui me soulèvent de la fange vers moi-même. Ne m’abandonne pas. Fais que je sois aimé.
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Robert Léger Revue des Deux Mondes

Ainsi compris, ainsi senti, ainsi exprimé, l’amour n’est plus seulement un sentiment instinctif, plus ou moins subordonné au devoir ; il est une force, la force la plus puissante que nous ayons en nous, pour réaliser notre destinée naturelle qui est de monter vers Dieu. Puisqu’il est en nous le point de rencontre des instincts matériels, légués par nos lointains ancêtres de la nature animale, avec l’âme éternelle que Dieu a faite à son image, c’est lui qui nous permet le plus merveilleusement de coopérer par notre volonté à l’œuvre de Dieu dans la création.
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Robert Léger Revue des Deux Mondes

Louise est un esprit précis, déductif, raisonnant, épris d’un idéal abstrait, méprisant un peu l’enthousiasme comme une utopie, substituant à la noblesse de la générosité la froide grandeur de la justice. Sans doute elle aime son mari, mais son intelligence trop maîtresse d’elle-même le lui représente trop exactement, avec ses faiblesses et ses infériorités, et jamais la passion n’abolit en elle la lucidité du jugement, A plus forte raison cet amour ne dépasse-t-il pas la réalité dans le jugement des choses et du monde ! François est sensitif et mystique, Louise positive et rationaliste.
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