Résumé

Léon Gistucci Le Pessimisme de Maupassant

Par delà notre civilisation moderne, Maupassant remonte à la source antique, à Épicure, interprété par Lucrèce.
De même, il retrouve l’idéal païen dans la conception qu’il a de la Beauté.
Pour Maupassant, ce que nous nommons beauté « idéale » n’est qu’un résultat de combinaisons matérielles, c’est-à-dire une surprise des sens, une illusion. À quoi tient l’ « infini » du regard ? À une nuance de l’iris. Et le « charme » du sourire ? À un pli de la lèvre, dans un éclair d’émail. Donc, la beauté idéale n’existe pas. Elle est insaisissable.
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Léon Gistucci Le Pessimisme de Maupassant

Maupassant recherche donc tout ce qui augmente en lui la joie de la vie, qu’il aspire par tous les sens et par tous les pores. Lui-même, il a trouvé la formule nette de cette aptitude essentielle, de cette disposition primordiale à aimer tout ce qui est. Il est un primitif. « J’ai dans les veines, disait-il, le sang des vieux faunes ». Son amour de la nature est proprement un instinct, qui le porte, en certains jours, à jouir de tout « à la façon d’un animal », — de l’air comme un oiseau, de l’herbe comme un cheval, de l’eau comme un poisson.
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Léon Gistucci Le Pessimisme de Maupassant

Cette harmonie, cette idéale perfection qu’il ne pouvait réaliser dans la vie du cœur, Maupassant la poursuivit dans la vie de l’esprit. — Et il souffrit de la poursuivre en vain.
De là cette autre forme de son pessimisme, qu’il nous reste à analyser, ce nihilisme intellectuel, auquel toute sa pensée paraît aboutir.
Il nie la Science. « Nous ne savons rien, nous ne voyons rien, nous ne devinons rien, nous n’imaginons rien... » Il nie même l’art. Le peintre, selon lui, fait des paysages faux, l’écrivain, des portraits qui ne sont jamais ressemblants.
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