“ Hubert pensait parfois, en culottant paisiblement sa pipe de terre blanche au coin de l’âtre : L’amour, l’amour existe-il en ce monde dans lequel nous pataugeons, ou a-t-il jamais existé ? À part l’amour maternel porté jusqu’à l’héroïsme, tout n’est-il pas que honteuse bouffonnerie ? La femme, qu’est-elle, après tout, quand l’amour vient lui souffler à l’oreille des paroles enchanteresses ? Une abeille qui butine de fleur en fleur, qui se grise du plus délicieux de leur suc et qui, affreusement ivre, s’en va à la recherche d’un miel plus succulent et plus neuf ! ”
Rodolphe Girard
Résumé
“Florence”, est une œuvre de Rodolphe Girard. Des thèmes tels que Hubert, Florence ou Baptiste y sont abordés.
Citations de Florence (Rodolphe Girard)
“ Un peu fort, mais bien dessiné, le nez indique de la volonté, beaucoup de volonté. Son buste souple et bien modelé, un peu court, est fait pour captiver les yeux les plus pudiques. Il se détache de cette jeune fille un mélange de décision et de douceur, de fierté et d’humilité, de gaieté et de mélancolie, de virilité et de grâce, de naïveté et de profondeur, qui étonne, attire et subjugue. Pour la première fois, il se glisse dans le cœur du jeune homme, un sentiment qu’il a refusé de reconnaître jusqu’alors. — Demeurez-vous loin ? demande Hubert, pour rompre le silence. ”
“ Car Dieu a donné l’éloquence et le courage à l’homme, la force au lion, des serres et un bec redoutables à l’aigle, l’agilité au coursier des landes sauvages. À la femme pour se défendre ou pour consoler, il a donné les larmes. Mais comment un homme pourra-t-il s’épancher dans un cœur qui ne le comprend pas ? Comment lui parler de ses projets de gloire, d’actes de vertu, si la femme ne peut que lui répondre : — Me conduiras-tu au théâtre ce soir, au bal ? — Quand m’achèteras-tu un chapeau neuf ? — Tu es trop honnête. Tu ne gagnes pas assez d’argent. ”
