“ Quel jour, demanda Auguste, d’une voix d’ombre ? — Le jour de ton mariage avec Louise, puisqu’il faut être clair. — De mon mariage avec Louise ! dit Auguste, en se levant ; mais aujourd’hui ils ont tous perdu la tête à Chatou !... un coup de soleil leur a brouillé la cervelle !... Je me marie avec Louise !... Octave, mon ami, tu n’as que ce grief contre moi ? — Mais il est suffisant, ce me semble. — Mais il n’existe pas !... il n’a jamais existé !... J’irai même plus loin ; il ne peut pas exister !... C’est un commérage de campagne ; une invention de vieille femme désœuvrée. ”
Résumé
Monsieur Auguste, de Joseph Méry, est un roman qui explore les tensions entre amour, amitié et mariage à travers les destins entrelacés d’Auguste, Octave, Louise et leurs proches. Les thèmes de la guérison, des relations familiales et des rivalités amoureuses y prennent forme dans un cadre social fin de siècle.
L’œuvre, marquée par des dialogues percutants et des conflits émotionnels, interroge les conventions sociales tout en décrivant les enjeux de la passion et de l’attachement. Les citations révèlent une réflexion sur l’instabilité des liens humains, illustrée par les dilemmes d’Auguste face à son mariage et sa liaison avec Octave.
Citations de Monsieur Auguste (Joseph Méry)
“ Un homme qui prend femme chasse l’ami le lendemain du mariage... Voilà ce que je crains. — Ah ! mon cher Auguste, dit Octave avec effusion, cette crainte est absurde. L’amitié complète l’amour. — Enfin, tu réfléchiras, reprit Auguste ; ton mariage n’est pas fait ; j’ai encore de l’espoir... c’est que, vois-tu, je suis l’ennemi né du mariage. C’est un état contre nature : aussi les animaux, dont l’instinct est infaillible, ne se marient pas. Tu aimes une femme aujourd’hui ; mais cette femme sera une autre femme demain et, dans quelques jours, une nouvelle encore. ”
“ Et Rose, en disant cela, fit un signe à Louise derrière les épaules de M. Lebreton. Ce signe disait : « M. Octave n’y est pas, vous pouvez descendre. » — Allons !... puisque vous le voulez, dit Louise avec résignation. M. Lebreton embrassa tendrement sa fille, et la conduisit triomphalement à la salle basse, où les convives étaient plongés dans le silence de l’inquiétude. En voyant entrer Louise, Mlle Agnès tressaillit de joie, et dit : — Regardez-la, elle illumine la salle ; ce n’est pas une femme, c’est un rayon de soleil. — Laissez donc dire cela aux hommes, remarqua Mme de Gérenty. ”
“ Octave a consenti à tout : il n’appartient plus à la terre depuis le moment où M. Lebreton lui a dit deux fois, pour les lui rendre croyables, ces mots sublimes : — Je vous donne ma fille. La terre est pour lui un grain de sable, créé pour soutenir son pied dans le voyage de l’infini ; il ne voit rien, n’entend rien, ne comprend rien ; il habite une région d’azur, de lumière, de mélodie, où l’amour est le seul sentiment, où la beauté de Louise est le seul objet digne de ses regards. Il compte les minutes par les battements de son cœur ”
“ Qui que vous soyez, voici ton maître ; il l’est, le fut ou le sera... Je change peut-être quelque chose... — Presque rien ; c’est le sens qu’il faut regarder. — Oui, l’Amour est notre maître à tous. — Et il est si timide, si timide, ce cher Auguste, qu’il a failli garder son secret... Heureusement, Mme de Gérenty lui a fait des avances... — Ah ! dit Octave en reculant deux pas... Mme de Gérenty... a fait... Et comment le savez-vous, monsieur Lebreton ? — Parbleu ! c’est elle qui m’a instruit de tout. Vous devez savoir, vous, que votre ami Auguste était au désespoir... ”
“ Soit, je veux bien l’admettre, reprit Agnès ; mais le docteur a déjà toute la sympathie du père ; voilà ce que je vous apprends, puisque vous l’ignorez. M. Lebreton ne croit pas être père tant qu’il n’aura pas marié sa fille. C’est sa lubie. Le docteur est charmant, distingué, spirituel ; il est homme à exploiter une convalescence avec une adresse parfaite, dans un but matrimonial. Louise a, comme son père, la lubie du mariage. Au théâtre, quand le rideau tombe sur l’hymen obligé d’Arthur et d’Émilie, Louise me dit toujours : « Qu’ils sont heureux !... » Vous riez, ma bonne Rose ? ”
“ À quoi lui aurait servi la vengeance ? il voulait arriver à l’un ou l’autre de ces dénoûments ; tuer Octave par la violence d’un désespoir égale à la furie de sa passion, ou, le dernier moment venu, reconquérir son amitié, en brisant le mariage, avec la condition de partir tous les deux, la veille des noces, de gagner le Havre, et d’aller vivre de l’autre côté des mers. Dans le premier de ces cas, le suicide de désespoir, Auguste trouvait une sorte de soulagement inexplicable, mais qui donnait du calme à sa vie : un voyage lointain était encore la conséquence forcée de cet horrible dénoûment. ”
“ Si le malade revient à la santé, ils ont la gloire d’avoir guéri un incurable. La tactique est bonne et trompe toujours. — Mais, ma chère Agnès, reprit M. Lebreton, quelle rage as-tu d’attaquer tous les hommes que je reçois avec amitié ? — C’est que, mon oncle, vous jetez par la fenêtre votre amitié comme votre argent ; il y en a pour tout le monde. Vous semez de la graine d’ingrats partout. — Allons ! tais-toi, Agnès, voici le docteur. Le docteur entra, rayonnant de joie, serra la main de M. Lebreton, s’assit, et donna les meilleures nouvelles de la santé de Louise. ”
“ En effet, M. Lebreton cherchait sa fille : — Allons, viens m’embrasser, dit-il à Louise, j’ai une bonne nouvelle à t’annoncer. — À moi, bon père ? — Oui, à toi... un jeune homme, beau, riche, aimable, instruit, te demandera bientôt en mariage. — Mais je ne veux pas me marier, dit Louise en pâlissant. — C’est ce qu’a dit ta mère aussi, répondit M. Lebreton... écoute, Louise ; je t’ai choisi ton mari, moi ; c’est tout dire. Il t’aime, et quand tu seras sa femme, tu l’aimeras. En attendant, sois polie envers M. Auguste Verpilliot. ”
“ Mais, mademoiselle, dit le docteur avec ce feu que donne le désir et qui ressemble trop à la flamme sainte de l’amour ; mais, je vous le jure, c’est mon cœur qui parle en ce moment, et qui, par malheur, ne peut avoir d’autre organe que ma bouche ! C’est tout ce que mon âme a de plus pur qui s’exhale vers vous, comme l’encens vers la divinité ! Vous aussi, Agnès, vous êtes l’idéal de mes rêves : vous êtes l’ange de mes visions. Un regard de vous me mettrait sur le trône du monde, un sourire de vos lèvres me ravirait au ciel. ”
“ Quel est ce bandit qui prend un salon pour une grand’route, et vole en plein jour ? Quel est ce lâche jeune homme qui se laisse souffleter devant sa femme par un bandit ? Auguste se renversa sur le dossier de sa chaise ; il était anéanti. Louise avait laissé tomber sa tête sur ses mains et les inondait de larmes. M. Lebreton, le front penché sur la table, se demandait le mot de cette affreuse énigme, le mystère de cette familiarité impossible entre un effronté voleur et un honnête jeune homme, et il ne se répondait pas. ”
“ Je donnai la joie à un père, qui vous aimait déjà comme un fils, et il faut maintenant que cette joie qui a peut-être passé dans l’âme d’une jeune fille, se change en deuil domestique... Avez-vous quelque chose de consolant à me répondre, monsieur ? Octave baissa la tête et traça des lignes sur le parquet avec la pointe de son stick. — Mais enfin, monsieur, poursuivit Mme de Gérenty, vous n’avez au cœur aucun amour parisien, aucune intrigue de ville, puisque vous venez vivre à la campagne ; vous êtes indépendant, vous êtes riche, vous êtes à l’âge heureux des douces passions. ”
“ Dans notre siècle de chiffres et de prose, il en est bien peu, parmi les hommes, qui se plaisent à devancer l’aurore, pour voir lever les deux plus émouvantes choses de ce monde : la beauté du soleil sur une montagne couverte de chênes, la beauté de la femme sur un balcon rempli de fleurs. Après avoir corrigé le dernier pli de ses gants, notre jeune Auguste descendit la grande allée, ouvrit la grille, entra dans une double haie d’aubépines en fleurs, et sonna avec précaution à la porte d’un joli cottage habité par la famille de son ami Octave. Les domestiques mêmes dormaient encore. ”
“ Il savoura un baiser qui ne lui fut pas disputé, et marcha d’un pas de conquérant vers la maison. — Est-il homme ! dit Agnès, à voix basse, en suivant des yeux le docteur avec un sourire de lutin. Rose, toujours aux aguets dans les grandes occasions, se glissa sous les arbres de la terrasse, et, avant de parler, elle fit un geste de désolation. Agnès la pressa vivement de parler. — En voici bien d’un autre ! dit Rose ; nous sommes à la veille d’un autre malheur. — Qu’y a-t-il donc ? parlez ! demanda Agnès. — Il y a que M. Octave est fou. ”
“ La musique a des secrets inexplicables, des arcanes étrangers à la science froide de l’analyse. C’est la langue de l’âme ; son maître, c’est l’amour. Le jeune Octave donnait son oreille à la cantatrice et son regard à Louise ; la mélodie aérienne flottait, comme un parfum d’essence d’iris, autour de l’adorable jeune fille, en prêtant à sa beauté un charmé idéal qui l’enlevait à ce bas monde et la faisait rayonner dans un domaine divin, où le prosaïsme terrestre est inconnu. Octave avait perdu le sentiment de sa propre existence ”
“ La flèche qui vole à midi perça le cœur d’Octave ; il avait vu Louise, et tout ce que la nature avait, dépensé en amour dans ce paysage, éclata dans l’âme du jeune homme, et lui ravit la raison. Il ne regarda qu’elle. L’univers n’avait qu’une habitante. Ses pieds, en prenant le sentier du perron, marchaient vers le parc, où les poussait une attraction invincible ; une voix manquait au concert de la nature, elle allait se faire entendre, si une femme voulait bien l’écouter. ”
“ Eh bien ! eh bien ! s’écria M. Lebreton en pleurant et riant à la fois, comment les trouvez-vous les jeunes filles de votre génération, mon cher Auguste ? Elles lisent tout, elle retiennent tout, elles savent tout ! Celle-ci a dévoré toute ma bibliothèque en deux ans, sans compter les journaux, les revues, les feuilletons, que sais-je moi ! Mais si les hommes n’y prennent pas garde, ils passeront tous pour des idiots devant leurs femmes. Je ne dis pas cela pour vous, mon cher Auguste, et pour quelques savants de profession, comme vous. ”
“ Il arriva, le sourire aux lèvres, et s’adressant à M. Lebreton : — Vos invités de Paris, dit-il, craignent de manquer le dernier convoi, et ils s’esquivent tous, à la française ; c’est une vraie déroute... Nous n’aurons pas de cotillon ce soir. — Il est vraiment infatigable, ce démon du bal ! dit Auguste, en donnant un léger coup sur l’épaule de son ami, après ton dernier solo de valse, il n’y a plus de danse possible. C’est le bouquet final. — Allons donc ! dit Octave, la danse est perdue en France ! les bals finissent quand ils devraient commencer. ”
“ M. Lebreton avait cette étourderie juvénile que les hommes gardent souvent toute leur vie, quand le bonheur ne les quitte pas. Il avait foi dans tout ce qu’il désirait, comme tous les favoris de la réussite ; plein d’affection pour sa fille, il aurait toujours retardé l’heure du mariage, et redoutant un mari inconnu, il voyait avec joie cette crise domestique heureusement dénouée par la demande d’Auguste, ce jeune homme selon ses vœux. ”
“ Lebreton fit un signe à Agnès, le signe qui veut dire, sortez. Agnès lança au spectre un regard d’amazone, et aiguisant ses ongles de nacre sur la nappe, comme la panthère, elle dit : — Puisqu’il n’y a pas un homme ici, je reste. L’étrange inconnu regarda de travers Agnès, haussa les épaules et déposa sur la table un paquet ficelé. M. Lebreton regardait Auguste comme pour lui demander un conseil. Le jeune homme attachait sur la table des yeux vitrés et ne regardait rien. ”
“ Une jeune et belle cantatrice de la société parisienne, talent d’amateur, âme d’artiste, Mme de G*** vint se placer à l’angle du piano, et aux premières mesures de l’accompagnement un frisson de plaisir courut dans les salons. Ces trois mots, ô mon Fernand, coururent sur toutes les lèvres de femmes. Louise laissa tomber un regard que l’or du Pérou n’aurait pas payé, et qui ne rencontra pas le regard attendu. Auguste cherchait toujours Octave, et se souciait fort peu d’être regardé. ”
“ Oui, je comprends cela, dit Rose ; il y a une manière de sauver la vie qui peut exalter, la tête d’une jeune fille, et bien disposer son cœur en faveur d’un homme. Ainsi, je pourrais peut-être aimer un homme qui ferait l’action courageuse d’Octave, mais aimer un docteur parce qu’il a fait son métier, en griffonnant des ordonnances, bonnes pour la guérison comme pour la mort, au choix de Dieu, ah ! ”
“ Et Octave mit lestement une bague de très-grand prix au petit doigt de Rose. — Oh ! que je voudrais avoir le courage de vous rendre ce cadeau ! dit la belle soubrette ; et si je le garde, savez-vous pourquoi ? — Dites, je saurai. — C’est parce que vous aimez mademoiselle... et de quel amour ! tenez, monsieur Octave, si vous n’étiez pas fou, vous le deviendriez. — Soyez tranquille sur mon compte ; j’ai la folie des hommes d’autrefois : celle qui nous a mis au monde, avec des passions viriles. Cette folie ne conduit pas à Charenton. ”
“ Cet excellent père est enchanté de causer avec sa chère Louise, et Mlle Rose fait sa partie dans le trio de l’alcôve, avec une joie folle qui lui donne de l’esprit. — Rose a bien raison d’être joyeuse, dit Agnès ; cette pauvre fille est morte de fatigue. Les malades ont le tort de tuer ceux qui se portent bien. — Et vous aussi, mademoiselle, reprit le docteur, vous vous êtes dévouée à votre cousine avec un zèle qui vous honore. — Oh ! docteur, j’ai fait ce que toute autre femme aurait fait à ma place. Les femmes naissent sœurs de charité ou gardes-malades. ”
“ Les domestiques vous regardent comme un dieu sauveur ; on obtient tout dans une maison, quand on a les domestiques pour soi. Monsieur Octave, il ne reste plus que moi de malheureux. Le soleil se couche, et se lèvera demain, aussi brillant que vous. Je vais voyager aux étoiles avec plaisir, car vous ne souffrirez pas de la jalousie de la nuit. Me permettez-vous de vous dire adieu, sans vous serrer la main ? Octave ressuscitait par secousses, et n’osait douter, car la parole de Simaï portait la vérité avec elle. ”
“ Parfois, il s’oublie lui-même ; il ne se sent plus vivre, il a donné son âme ; il revit dans ce corps divin qui lui appartient, et quand la fièvre des sens le rappelle à la réalité humaine, au dénoûment qui se prépare, à ses droits souverains de mari, il s’épouvante de son bonheur ; il trouve intolérable la dernière minute de son désir, et demande à Dieu la force de vivre une heure de plus, car il se trouve agonisant, avec toute l’énergie de la jeunesse, et ne peut soutenir le poids de cette minute étouffante que les calmes étoiles éternisent dans le ciel. ”
“ Sont-ils épais vos beaux cheveux !... Celui qui a fait la dernière valse... M. Octave... on ne sait pas dire s’il est laid ou s’il est joli... mais en voilà un qui a l’air d’un amoureux !... il regarde les femmes comme les enfants regardent les bonbons... Je crois voir sur votre joue les tisons de ses yeux : il vous brûlait en valsant. C’est un démon, comme celui du Grand-Opéra, mais vrai. J’aimerais mieux rencontrer Cartouche dans un bois que lui... — Mon Dieu ! j’étouffe de chaleur, interrompit Louise... il n’y a pas un souffle d’air, cette nuit ; on ne respire pas. ”
“ Il éprouvait, avant le sommeil, les extases de ses rêves ; mais, cette fois ce n’était point un mensonge des nuits, un fantôme de vapeur embrassé au vol ; l’attraction magnétique était si vive que la distance même disparaissait, que le salon perdait sa foule, que la déesse quittait ses voiles, et qu’un jeune homme ivre d’amour, emporté par une imagination de feu, restait seul comme le mari d’un jour, dans une alcôve nuptiale, et savourait les ravissements des élus, au son des mélodies du ciel. Par bonheur, tous les yeux se fixaient sur les grands artistes du concert. ”
“ D’une jalousie absurde, interrompit Octave, d’une jalousie inventée pour moi ou par moi, d’une jalousie qui n’a pas de nom, tout ce que vous voudrez, cela m’est égal ; c’est une chose qui m’étouffe, me glace les lèvres, me brûle le front, me met du fiel sur la langue, m’incendie la racine des cheveux... Tant que ce médecin sera dans cette chambre, je souffrirai ces tortures. Je suis décidé à ne plus souffrir. Je veux tuer ou être tué. ”
“ Un domestique entra et dit : — Puisse introduire M. Auguste Verpilliot ? il est déjà venu cinq fois demander monsieur. — Dites-lui que j’ai du monde dans l’atelier, et qu’il attende au jardin. — Il sait que je suis ici, dit Mme de Gérenty. — Mais il croit que je n’y suis pas ! remarqua le colonel, d’un ton menaçant. — Oh ! cher beau-frère ! reprit la jeune femme ; point d’esclandre. Je sais me défendre toute seule, en cas d’attaque... — Un insolent qui ose vous aimer. — Eh bien ! c’est toujours flatteur pour une femme ; s’il osait me détester, je vous prierais de me défendre. ”
“ Vraiment les hommes sont fous... Veuillez bien m’excuser, messieurs, je parle en général... M. Lebreton a trois cent mille francs de rente, hôtel à Paris, château à la campagne, fermes en Normandie ; il a cinquante ans et une santé robuste. Vous connaissez sa fille unique ; c’est la grâce et la beauté fondues ensemble, et complétant une merveille. Comment ce chef-d’œuvre a-t-il été créé et mis au monde par M. Lebreton, qui n’est pas gracieux, mais qui est laid ? C’est un de ces secrets dont la nature a le mot : la nature est le plus amusant de tous les auteurs comiques. ”
“ XVI Le docteur s’était installé chez M. Lebreton, pour se consacrer exclusivement à la guérison de Louise. Trois jours s’étaient écoulés et la raison n’était pas revenue. Les symptômes d’aliénation mentale avaient succédé au délire de la fièvre ; les yeux de la pauvre fille étaient bouleversés par un égarement sinistre, et quand une parole sourde tombait de ses lèvres, elle s’adressait toujours ou à l’amant ou au mari. Ceux qui écoutaient ces confidences des rêves, pleuraient, en désespérant de la guérison. ”
“ V Le lendemain, Octave reçut là réponse suivante : « Mon cher Octave, » Nous n’avons rien à nous pardonner entre bons amis. Ta lettre m’a fait du bien. Dans les crises de l’affection, ce qu’il y a de plus affreux, c’est le silence. Une lettre est toujours une bonne chose, quand même elle serait irritante. Une querelle est le premier pas fait vers un raccommodement sérieux. Dès qu’on n’a plus même une injure à lancer à la personne aimée, on ne l’aime plus. ”
Termes fréquents
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