Mireille Brocey

Résumé

Mireille Brocey L'amour d'une archiduchesse (1947)

Presque aussi troublé qu'Isabelle, Mariano murmura :
— Je vais te ramener au bal. Tu as froid, et l'on pourrait s'inquiéter à ton sujet...
— Oui... ramène-moi vite...
Il s'approcha d'elle, ce qui la fit tressaillir d'une joie inextricablement mêlée à de la crainte.
— Lita... quand nous reverrons-nous ?
— Nous revoir... Oh ! Mariano, est-ce possible ? Ne sommes-nous pas encore dans un rêve ? Est-ce qu'un bonheur pareil peut recommencer demain sans que je meure de joie ?
Mariano, plus positif, insista :
— Demain, oui...
Source : Gallica

Mireille Brocey L'amour d'une archiduchesse (1947)

Je t'ai là tout près de moi, Lita. Je te vois, je te touche, je te respire. Parfois, tu consens à me donner tes lèvres... Mais c'est tout...
— N'est-ce pas assez ? murmurait Isabelle avec l'innocence d'une jeune fille beaucoup plus cérébrale et sentimentale que sensuelle. N'es-tu pas heureux près de moi, Mariano ?
— Je suis heureux et désespéré. Comment te faire comprendre ? N'es-tu pas une femme, Lita, une créature de chair ? Ne suis-je pas fou d'aimer un ange ?
— Je ne suis pas un ange, Mariano, et je voudrais être une femme, «ta» femme. Mais pas ta maîtresse.
Source : Gallica

Mireille Brocey L'amour d'une archiduchesse (1947)

Cependant, Orphée, ayant attendri les dieux, descendit aux enfers pour y chercher Eurydice...
— L'amour est vainqueur de la mort ! murmura l'archiduc à l'oreille d'Isabelle.
Elle tressaillit, et ses ongles égratignèrent le rebord de velours. L'amour vainqueur de la mort ! Etait-ce possible ? Intéressée tout à coup, elle se pencha, elle suivit l'action avec passion, le cœur battant. Maintenant il lui semblait que son destin était confondu avec celui d'Orphée. Elle attendait qu'il ramenât Eurydice avec la même anxiété qu'elle attendait Mariano, le soir de l'enlèvement. Mon Dieu !
Source : Gallica

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