Résumé

Portrait de Salomon Reinach Salomon Reinach Cornélie ou le latin sans pleurs

Si beaucoup d’élèves font si peu de progrès dans l’étude du latin, cela vient précisément de ce qu’ils en méconnaissent la difficulté. Alors que celle du grec tient surtout à son excès de richesse, celle du latin est une conséquence de sa pauvreté. Le latin n’a pas d’article, il sous-entend très souvent les pronoms, il cherche la brièveté, il use beaucoup de formules, de locutions qu’il faut connaître et dont on ne peut deviner le sens.
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Le mot vir, homme (en particulier homme de cœur, d’où le précepte : Vir esto ! sois un homme !) fait au génitif pluriel virûm où virorum. Ces contractions d’orum en um sont fréquentes en poésie. Virgile apostrophe ainsi l’Italie :
Salve, magna parens frugum, Saturnia tellus, Magna virûm !... [3]
c’est-à-dire : “Salut, grande mère de fruits, Saturnienne terre, grande (mère) d’hommes !”
En français : “Salut, terre de Saturne, grande mère de moissons, grande mère d’hommes de cœur ! ?
TROISIÈME DÉCLINAISON.
Le génitif singulier est en is, le génitif pluriel en um ou en ium.
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Les Romains ont été les plus grands des moralistes, parce que leur esprit était plus porté à la pratique qu’à la spéculation ; ce que nous appelons la morale, n’est-ce pas la règle pratique des mœurs ? Avec leur langue précise, concise, frappant des formules comme des médailles, les moralistes et les poètes de Rome ont parlé pour tous les hommes et pour tous les siècles. Ils ont jeté les plis de la toge sur des maximes d’action et d’endurance qu’il faut recevoir d’eux sous ce vêtement. Aucune éducation esthétique ou littéraire ne tient lieu de celle que donne la sagesse romaine.
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