Résumé

Portrait de Abel Hovelacque Abel Hovelacque Revue de linguistique et de philologie comparée

Avide de richesses encore inconnues, l’Italie analyse, traduit, commente nos vieux modèles, et, comme le dit Génin, pendant plus de trois cents ans, les chroniques françaises mettent en fermentation le génie italien. Au xvie siècle, c’est encore à nos vieux poètes de la première France littéraire que l’Arioste, ne trouvant pas dans sa patrie d’époque poétique contemporaine à celle des trouvères et des troubadours, demande ce que là seulement il peut rencontrer.
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La simplicité du système d’accentuation en français, laisse croire à une foule de personnes que notre langue est privée d’accent. Ce qui produit cette erreur est le fait constant et immanquable du sacrifice de toute syllabe suivant la syllabe accentuée : l’italien, pour sa part, conserve soigneusement la syllabe ou les syllabes de la fin, tout au plus avec assourdissement, et c’est précisément cette obligation de prononcer une ou plusieurs syllabes inertes après une syllabe accentuée, qui le fait en quelque sorte chanter sur la syllabe mise en relief.
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On ne peut admettre qu’à la dissolution de l’empire romain, le latin se soit fatalement développé en ces formes étymologiques et grammaticales qu’on appelle les langues romanes : en un mot, s’il n’y a pas eu corruption brutale, il n’y a pas eu non plus calme et simple évolution. L’évolution étant donnée dans ses lois fixes (contraction, chuintement, assimilation, principes de progression phonétique, etc.) , arrivent les accidents. Mais, au bout du compte, les rameaux vivent de la même sève et les greffes de l’étranger n’ont sur eux qu’une influence secondaire.
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