Résumé

Vie de Léonie (10e éd.) (1863)

Pendant vingt jours et vingt nuits, au chevet de cette soeur mourante, ou ne put l'arracher aux soins qu'elle lui prodiguait ; faisant violence à sa sensibilité, elle la prépara à ses derniers momens ; elle reçut ses derniers soupirs, tressa elle-même la couronne de l'innocence, et immobile de douleur et de piété, en confiant à la religion la dépouille mortelle de sa soeur chérie; laissa s'élever au Ciel avec elle toutes ses affections, tous ses désirs.
Une grande douleur n'a pas de larmes : Léonie n'en trouva point pour pleurer sa soeur bien-aimée. Et puis la vie-lui paraissait si courte !
Source : Gallica

Vie de Léonie (10e éd.) (1863)

Jamais sa piété ne se fit un appui illusoire de ces sentimens de ferveur, fruits souvent plutôt dû tempérament que de la grâce; dons toujours gratuits de la libéralité d'un Dieu qui demande autre chose qu'une stérile sensibilité. La sienne ne fut jamais non plus cette piété tout extérieure, si ordinaire aux jeunes personnes qui amalgament trop souvent quelques pratiques superficielles avec toutes les saillies de l'humeur, tous les caprices de l'amour propre. Celle de Léonie eut toujours pour bases la fidélité à ses devoirs domestiques, la douceur et la charité envers tous.
Source : Gallica

Vie de Léonie (10e éd.) (1863)

On plaint les peines de la sensibilité, on ne comprend pas même celles de l'indifférence, si'grandes cependant pour le coeur qui dans sa vie a une fois vivement senti. Quel état en effet que ce vide, qui mettant l'ame hors de son élément, laisse sans aliment les besoins les plus impérieux du coeur, et de certains coeurs surtout, comme celui de Léonie ! Quelle situation que cette totale indifférence que rien n'anime, que cette universelle insensibilité que rien ne touche, quand on sent un besoin indéfinissable de sentimens !
Source : Gallica

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