non signé, W. et G. P.

Résumé

non signé, W. et G. P. Revue des Deux Mondes

Toute cette musique est inspirée, ardente, pleine de verve et d’entraînement, La mélodie abonde, les idées se succèdent ; alors comme aujourd’hui le grand maître les semait avec profusion sans trop s’inquiéter du terrain qui devait les recevoir. En effet, toutes les fois qu’on entend un opéra sérieux de Rossini, on s’étonne de l’indifférence avec laquelle un homme de tant de force et de génie aborde les situations élevées. On dirait qu’il n’a jamais à s’occuper de l’expression musicale. Il donne à son œuvre l’idée qui chante en lui au moment qu’il se met au clavier.
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La méditation profonde sur une œuvre, Rossini ne la connaît pas. On dirait que sa musique est toute dans sa tête, vase harmonieux d’où s’épanche la mélodie immédiatement et sans filtrer jamais à travers l’ame, comme chez Weber, Beethoven et Mozart. C’est d’ailleurs au mauvais goût du public, empressé toujours à louer chez un homme de génie ce qui sans contredit a le moins de valeur, qu’il faut attribuer ces négligences si fréquentes.
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L’enthousiasme excité chaque soir par Tamburini et Lablache est une preuve qu’il existe encore en France un public qui veut dans un opéra autre chose que des décors et de la mise en scène ; et c’est précisément ce plaisir grave et sérieux qui place le Théâtre Italien au-dessus de l’Opéra français. Le premier rustre venu s’amuse grossièrement d’un spectacle tout matériel, tandis que, pour sentir tout ce qu’il y a de jouissance exquise au fond d’une cavatine chantée par Rubini, il faut une étude profonde, je dirai même une sorte d’initiation.
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