Émile Goudeau

Émile Goudeau

Résumé

Portrait de Émile Goudeau Émile Goudeau Poèmes ironiques

Un jour viendra où, toujours courant de ci de là, les machines se transporteront seules, comme des pigeons voyageurs du Progrès : un jour peut-être, ayant reçu leur complémentaire éducation, elles apprendront à obéir sur un simple signe, de telle sorte que l’homme, assis, paisible et fort, au sein de la Famille, n’aura qu’à appuyer sur un signal électro-vitalique afin que la machine sème le blé, le récolte, l’emmagasine et en fasse du pain qu’elle apportera sur la table de l’Homme, devenu enfin Roi de la Nature.
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Portrait de Émile Goudeau Émile Goudeau Poèmes ironiques

La terre, tout au loin, était couverte de ruines. Plus de digues ni de maisons ; les villes, chefs-d’œuvre de la Mécanique, s’étaient aplaties en décombres. Plus rien ! Tout ce que la Machine avait élevé depuis des siècles était à jamais détruit : le Fer, l’Acier, le Cuivre, le Bois et la Pierre, ayant conquis une volonté rebelle à l’Homme, s’étaient soustraits à sa main.
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Portrait de Émile Goudeau Émile Goudeau Poèmes ironiques

La Machine fantastique, époumonnée maintenant, boitant des roues et produisant un horrible bruit de ferraille avec tous ses membres disjoints et son tuyau démoli, la Machine-Squelette à laquelle se cramponnaient instinctivement, terrifiés et anéantis, le rude ouvrier et le savant mièvre, la Machine, héroïquement folle, râlant un dernier sifflement de joie atroce, se cabra devant l’écume de l’Océan, et, dans un suprême effort, s’y plongea tout entière.
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