Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux,
La Vie de Marianne
(1731-1740)
“ Madame de Miran, qui est généralement aimée et estimée, qui a un rang à conserver aussi bien que ceux qui me nuisent, et qui n’aimerait pas plus à rougir qu’eux, s’en est contentée de même, quoique j’aie fait tout mon possible afin qu’elle ne s’en contentât point ; elle le sait ; cependant la mère et le fils pensent l’un comme l’autre. Veut-on que je leur résiste ; que je refuse ce qu’ils m’offrent, surtout quand je leur ai moi-même donné tout mon cœur, et que ce n’est ni leurs richesses ni leur rang que j’estime, mais seulement leur tendresse ? ”
