Adrien Paul

Élements biographiques

Adrien Paul,  Blanche Mortimer (1861)

“ Qu'en ferais-je de la liberté?
— Ce que vous en ferez, Blanche ! vous en ferez l'héritage de notre enfant ; vous en ferez qu'il pourra se dire un jour : « Ma conscience, ma volonté, ma vie sont à moi. »
— Assez, reprit Blanche, assez, mon ami!... je pars...
— Vous en ferez que, s'il vient à aimer éperdument une femme, une autre Blanche, s'il s'en trouve, il ne devra pas la tromper et la perdre pour l'obtenir.
— Assez! répéta Blanche, dont ces souvenirs faisaient saigner le coeur.
Mais Matthéus trouvait je ne sais quelle acre volupté à se retourner le poignard dans la plaie.
”
Source : Gallica

Adrien Paul,  Les Finesses de d'Argenson (1864)

“ Madame Law s'était levée.
Les jeunes gens s'étaient envolés de leur nid d'amour pour aller faire, l'une une profonde révérence, l'autre un salut respectueux.
A cette éclatante fanfare de noms et de titres, d'Argenson avait, pour ainsi dire, sauté en l'air, comme sous l'impulsion d'une pile électrique. Éperdu, tremblant, ne sachant encore s'il devait le dangereux honneur de celte visite au blâme ou à l'approbation de la cour, il cherchait partout son chapeau, qu'il ne trouvait pas, afin de se donner une contenance et de mieux pouvoir s'incliner selon l'étiquette et le menuet.
”
Source : Gallica

Adrien Paul,  Blanche Mortimer (1861)

“ Blanche est assise, le front dans les mains ; elle vient d'évoquer tous les fantômes du passé : les sourires de sa mère qu'elle a à peine connue, ses joies d'enfant, sa chambre de jeune fille, ses chagrins d'autrefois qui n'étaient que des bonheurs déguisés, la mort de sir Ralph, l'amour de Matthéus, son mariage et ces mille incidents de la vie qui font de la mémoire un livre toujours ouvert où chacun lit tour à tour en rose ou en noir, selon que le soleil rayonne ou que l'orage gronde dans le coeur. ”
Source : Gallica

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