Adrien Paul

Résumé

Adrien Paul Les Finesses de d'Argenson (1864)

Madame Law s'était levée.
Les jeunes gens s'étaient envolés de leur nid d'amour pour aller faire, l'une une profonde révérence, l'autre un salut respectueux.
A cette éclatante fanfare de noms et de titres, d'Argenson avait, pour ainsi dire, sauté en l'air, comme sous l'impulsion d'une pile électrique. Éperdu, tremblant, ne sachant encore s'il devait le dangereux honneur de celte visite au blâme ou à l'approbation de la cour, il cherchait partout son chapeau, qu'il ne trouvait pas, afin de se donner une contenance et de mieux pouvoir s'incliner selon l'étiquette et le menuet.
Source : Gallica

Adrien Paul Les Finesses de d'Argenson (1864)

Madame la baronne était venue me rejoindre, et, à la nuit tombante, nous sommes sortis de cette ingrate Babylone, qui mériterait bien que je n'y rentrasse jamais.
— Ce serait la punir trop sévèrement d'une faute dont elle se repent peut-être déjà, reprit d'Argenson. — Maintenant, poursuivit Floustignac en désignant la baronne et Richard, voilà ce qui me reste : ma femme et mon fils. Je vais vivre, m'isoler, me complaire dans les affections de famille, et je reconnaîtrai sans doute bientôt que le bonheur réel, que la satisfaction véritable, ne sont que là.
Source : Gallica

Adrien Paul Les Finesses de d'Argenson (1864)

Mais, à propos, monsieur, vous êtes donc bien sûr que je suis l'ex-contrôleur général des finances, Jean Law?
— Je croyais, Monseigneur, vous en avoir donné la preuve en affectant de boire à votre santé, alors que tout ces manants de la table d'hôte buvaient à votre mort.
— J'avais pensé que le hasard seul...
— Le hasard n'est pas aussi capricieux et aussi aveugle qu'on le croit : il sait presque toujours ce qu'il fait, et à quel but il tend... Du reste, je n'avais jamais entendu qu'une seule fois la voix de votre seigneurie, sans voir sa personne, et ce seul indice...
Source : Gallica

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