Antoine François Marius Rey-Dussueil

Résumé

Antoine François Marius Rey-Dussueil Estrella, par M. Rey-Dussueil (1843)

L'amour sait tant se suffire !
— Chère Estrella, disait Antonio, tu ne saurais donc me comprendre ! Non, avoir à épier un regard, ne se jeter qu'un mot en passant, à la dérobée, de ces mots qui durent, qui font vivre, non, ce n'est pas là ce qui me gêne : nos mystérieuses amours d'Espagne n'osent parler que la nuit, à travers les verrous et les grilles; elles ont moins de liberté encore, Mais ici, ce n'est pas du mystère, c'est de l'étiquette, c'est de la peur, pleines d'un froid qui vous glace.
Source : Gallica

Antoine François Marius Rey-Dussueil Estrella, par M. Rey-Dussueil (1843)

Adieu.
— Dis donc, Guitaut ! dit M. de Navailles à M. de Guitaut qui s'éloignait : capitaine des gardes, c'est fort beau; tu te fais vieux, il y a bien du monde à placer.
- Oui, mais ton cardinal ne se frotte pas à l'épée.
168 ESTRELLA.
Navailles sourit en regardant Beppo.
— Il y a des gens, dit-il, pour qui il faut avoir de la tête.
— Peut-être se paye-t-il lui-même de son dévouement.
— Il y a de cela.
—- Je croyais que la reine d'Angleterre vivait loin du monde.
— On l'oublierait, elle s'y montre.
— Malheureuse princesse !
— Ils disent que c'est sa faute. J'en ignore.
Source : Gallica

Antoine François Marius Rey-Dussueil Estrella, par M. Rey-Dussueil (1843)

L'âme est-elle vraiment faite pour le bonheur!...
— Elle peut le perdre, je le sens. Antonio se sentit ému ; de violents combats se livraient dans son coeur. Il y eut un moment où il fit un mouvement pour se lever et se rapprocher de la jeune fille, mais il le réprima bientôt, serra sa poitrine de ses deux mains, et tomba dans une profonde rêverie. Estrella éclata en un long pleur ; elle courut ouvrir les rideaux qui voilaient la madone, et, prosternée, elle envoya à la sainte image toute son âme dans une prière.
Source : Gallica

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