Adrien Paul

Résumé

Adrien Paul,  Blanche Mortimer (1861)

“ Qu'en ferais-je de la liberté?
— Ce que vous en ferez, Blanche ! vous en ferez l'héritage de notre enfant ; vous en ferez qu'il pourra se dire un jour : « Ma conscience, ma volonté, ma vie sont à moi. »
— Assez, reprit Blanche, assez, mon ami!... je pars...
— Vous en ferez que, s'il vient à aimer éperdument une femme, une autre Blanche, s'il s'en trouve, il ne devra pas la tromper et la perdre pour l'obtenir.
— Assez! répéta Blanche, dont ces souvenirs faisaient saigner le coeur.
Mais Matthéus trouvait je ne sais quelle acre volupté à se retourner le poignard dans la plaie.
”
Source : Gallica

Adrien Paul,  Blanche Mortimer (1861)

“ Ils étaient arrivés au seuil de Petrowitch ; l'heure avait marché, le moment suprême était venu.
— Allons, Blanche, dit Matthéus en tenant à deux mains sa poitrine près d'éclater, du courage et adieu !
Blanche, pour toute réponse, se riva à son cou, l'étouffant de ses sanglots.
Il y a aux forces humaines une limite; Matthéus y touchait. Une goutte de plus dans le vase, et peut-être allait-il être le premier à ne plus vouloir que sa femme le quittât,
Aussi se dégagea-t-il doucement de l'étreinte de Blanche, et appelant Petrowitch :
— Frère, lui dit-il, sauvez-nous de nous-mêmes...
”
Source : Gallica

Adrien Paul,  Blanche Mortimer (1861)

“ A ces mots, Blanche releva la tète, les yeux de Matthéus se tournèrent vers le prince, et tous trois, comme pétrifiés, se reconnurent mutuellement pour les acteurs de la catastrophe du théâtre de San-Carlo.
Rien, pendant le cours de sa vie si agitée, ne s'était aussi fortement gravé dans l'esprit d'Ivan que le sentiment de la vengeance, inassouvie jusque-là, qu'il voyait tout à coup en son pouvoir d'exercer. Il se sentait comme un homme qui, s'étant endormi dans la pauvreté, se réveille en possession d'une fortune immense et ne sait par où commencer pour en jouir.
”
Source : Gallica

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