Résumé

Portrait de Joséphin Peladan Joséphin Peladan La décadence latine. XIX, Le nimbe noir… (1907)

« Une âme, une bonne âme ouverte à la pitié, c'est déjà rare. Tous, nous vantons notre âme ! L'âme se voit dans ce que nous donnons à autrui ou à une idée et non dans ce mouvement égoïste de l'enfant qui pleure pour une contrariété, ou de l'homme qui blasphème en face d'un désastre. »
— « Parbleu !» fit Gazine à Ignatief. « Vous nous avez conviés avec Diotima, princesse de Mégare. Eh bien, parlons de l'amour ?
— « L'amour ! » fit Sophia, et elle s'arrêta en rencontrant le regard d'Ignatief. Sans manquer de bonne foi, jetterait-elle, à travers la tablée, la diatribe qui montait à ses lèvres ?
Source : Gallica

Portrait de Joséphin Peladan Joséphin Peladan La décadence latine. XIX, Le nimbe noir… (1907)

« Qui est-ce? » demanda Sophia.
— « Matouchenski », dit le pope.
— « Qu'a-t-il fait? » continua Sophia.
— « Il a lancé une bombe sur le préfet de police, au moment où celui-ci se rendait au théâtre Michel ; il a manqué le coup et se trouve dans un triste état.
— « On vous aura suivis », dit tranquillement Sophia.
— « Je le crains ! on ne va pas vite avec un homme qui perd son sang », fit le déserteur.
— « Sur la neige fraîche, la trace se voit », ajouta Kinasef.
— « Où est Matouchenski ? » dit Sophia.
— « Au bas de l'escalier, dans les bras de Sokolof.
— « Apportez-le », dit Sophia.
Source : Gallica

Portrait de Joséphin Peladan Joséphin Peladan La décadence latine. XIX, Le nimbe noir… (1907)

Belle princesse, où peut-on vous faire sa cour?
— « Nulle part. Je ne suis pas une personne, mais une apparition !
— « Vous habitez un palais enchanté, je m'en doutais », fit-il, cachant sa déconvenue.
— « Y a-t-il longtemps que vous connaissez Ignatief ?» insinua Gazine.
— « Assez longtemps pour l'estimer. » Elle s'adressa à Feyshine :
— « Vous êtes bien sombre, vous qui ne conspirez pas.
— « Eh », fit-il, « il y a des moments où une bombe doit furieusement soulager les nerfs. »
— « Ne parlons pas de bombes », dit Medveloff, et il amena Sophia un peu à l'écart.
Source : Gallica

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