Ernest Lavigne

Résumé

Ernest Lavigne Le roman d'une nihiliste (1879)

IX STASIA
L'exil est la peine la plus dure, celle qui le plus sûrement pèse sur le coeur.
Ces Russes que nous voyons à Nice, à Monaco, à Paris, un peu partout enfin, nous les croyons installés chez nous à jamais : eux-mêmes le disent et le croient.
C'est une erreur, une illusion ; c'est un mensonge !
Si l'on prend un Russe, quel qu'il soit, et qu'on le confine dans ce Paris tant aimé, c'est le châtiment le plus cruel et le châtiment le plus raffiné.
Sa ville, son village, sa neige, ses habitudes, voilà ce qui manque au Russe ; voilà son air respirable, voilà sa vie même !
Source : Gallica

Ernest Lavigne Le roman d'une nihiliste (1879)

Que penses-tu de Vladimir ? demanda Pavlovna.
– Rien de bon.
– Pourquoi ?
– Je le crois sournois, ambitieux, fainéant, intrigant ; au demeurant, le meilleur fils du monde. Mais tu l'aimes ? m'a-t-on dit.
– Je l'aime, certes ; je ne m'en cache pas. Notre principe est de céder à la nature ; mais en cédant à une inclination, je raisonne. Et c'est pourquoi je lui ai assigné le rôle que tu sais. Je crois qu'il le remplira bien.
– Pour la partie extérieure, oui ; mais autrement, mais moralement, non.
– Nous serons là.
– Il peut y compter : j'ai son dossier, dit Ribowski, repris par sa manie.
Source : Gallica

Ernest Lavigne Le roman d'une nihiliste (1879)

Vous voulez que j'en rabatte. Jamais de la vie ! – Je crois fermement que j'épouserai la comtesse Stasia : j'en suis sûr. J'ai pour cela des moyens spéciaux, des secrets que ne je puis dire. Or, tout cela, je vous le vends en bloc pour une faible somme, et vous ne voulez pas ? – Vous n'êtes pas plus amoureux.
– Allons donc ! Et cette somme serait ?...
– Non, dit Nosimof. Je ne suis pas un homme d'argent : toute ma vie l'a prouvé. Je ne vous demande qu'une chose, – gentiment, galamment, – votre amitié.
– Ah ! pour cela, oui, fit Fritschen.
Source : Gallica

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