Ernest Lavigne, Le roman d'une nihiliste (1879)
“ IX STASIA L'exil est la peine la plus dure, celle qui le plus sûrement pèse sur le coeur. Ces Russes que nous voyons à Nice, à Monaco, à Paris, un peu partout enfin, nous les croyons installés chez nous à jamais : eux-mêmes le disent et le croient. C'est une erreur, une illusion ; c'est un mensonge ! Si l'on prend un Russe, quel qu'il soit, et qu'on le confine dans ce Paris tant aimé, c'est le châtiment le plus cruel et le châtiment le plus raffiné. Sa ville, son village, sa neige, ses habitudes, voilà ce qui manque au Russe ; voilà son air respirable, voilà sa vie même ! ”
