Résumé

Cristian Mémoires d'un enfant russe (1855)

Néanmoins Ricof était loin de pareils doutes sur sa carrière; pourquoi serait-il mécontent quand des millions d'hommes sont contents? Tel n'était pas son caractère. Il servait avec la persuasion que l'homme est né pour servir, et pour servir justement de la sorte comme il servait lui-même; hors de ce service il n'y avait pas de salut pour lui. Il était persuadé encore qu'il servait sa patrie et son czar, et que c'était la seule digne et réelle manière de servir le czar, et l'unique moyen d'être un membre utile de la société. Ces opinions de Ricof sont les opinions de la Russie entière...
Source : Gallica

Cristian Mémoires d'un enfant russe (1855)

L'aspect misérable d'Hermann m'enhardit à l'aborder, et il fut le seul des étudiants à qui j'ai osé adresser la parole. En général la misère, la pauvreté, le malheur m'attirent, et la pompe, la splendeur, l'éclat me repoussent. Dieu m'a créé bien autrement que Ricof, ce que ce dernier ne manqua pas de me reprocher. Hermann a élu la faculté des sciences mathématiques; nous n'étions donc pas ensemble, mais nous nous rencontrions souvent sur l'escalier et dans le corridor infini où se promènent les étudiants en attendant les lections.
Source : Gallica

Cristian Mémoires d'un enfant russe (1855)

« Mais, me disait Fanny, si vous partez, vous vous changerez comme un oiseau envolé de sa cage. Vous ne penserez plus à la vieille Arabiani, vous nous oublierez tous ; mais nous tâcherons de vous rattraper, » ajoutait-elle en souriant. « Oh!... » répondais-je à de telles paroles. Il est vrai que les Russes, avant d'avoir atteint vingt-cinq ans, ne peuvent voyager dans les pays étrangers, c'est la loi; mais, pour la classe commerçante à laquelle désormais j'appartiens, on fait des exceptions. Puis Ricof, l'homme du succès, travaillait pour moi.
Source : Gallica

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