Léon Tolstoï

Léon Tolstoï

Résumé

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Le cœur d’Ivan tressaillit dans sa poitrine comme un oiseau. Il rassembla ses forces et se mit à courir à grandes enjambées sur l’homme. Il ne sentait pas la terre sous ses pieds : « Eh bien ! pensait-il, je te prends sur le fait. »
À peine avait-il fait quelques pas qu’un grand feu s’allumait, mais non pas à la place où avaient brillé des étincelles, et non plus une petite lueur, mais la paille de l’avant-toit flambait et la flamme se rabattait sur le toit.
Gavrilo était là debout ; on le voyait tout entier. Comme un milan qui fond sur une alouette, Ivan se jeta sur le boiteux.
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Ivan s’arrête et retient son souffle. Il écoute, regarde : tout est tranquille ; rien que le vent qui agite les petites feuilles des saules, et siffle dans le chaume. Il fait si noir que les yeux sont inutiles ; mais sa vue finit par s’habituer à cette obscurité et Ivan distingue et le coin, et la charrue qui se trouve là, et l’avant-toit de l’izba. Il reste ainsi quelques instants, regarde et ne voit personne : « J’aurai mal vu, se dit Ivan, mais je vais tout de même faire mon tour. »
Et il s’avance à tâtons en longeant extérieurement le hangar.
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Et la terre y est telle que le seigle qu’on y sème donne des épis si hauts et si épais qu’on ne voit plus les chevaux. Cinq poignées d’épis, et voilà une gerbe. Un paysan tout à fait pauvre, venu les mains vides, a maintenant six chevaux et deux vaches.
Pakhom, le cœur enflammé, pensait : « Alors pourquoi demeurer ici à l’étroit, quand on peut vivre bien, ailleurs ? Je vendrai ce que je possède ici, et avec l’argent, je bâtirai là-bas et m’y établirai. Tandis que vivre ici à l’étroit, c’est un péché ; il faut seulement que j’aille voir par moi-même. »
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