Edouard Clavel

Élements biographiques

Edouard Clavel,  Le solitaire Mathon : histoire du XVIIIe siècle (1865)

“ Je suis le plus misérable des hommes qui soient sur la terre : je prie pour ceux qui me ressemblent.
Vous avez donc commis quelque grand crime?
Pourquoi êtes-vous venu ici? Comment le monde vous nomme-t-il?
Mes crimes sont aussi nombreux que les cheveux de ma tête ; je n'ose les dire, mais Dieu me donne la grâce d'y penser souvent pour les pleurer, et c'est ce dernier motif qui m'a conduit dans cette solitude, devenue effrayante par les atrocités qui s'y sont commises.
Le monde m'a appelé, dans un temps, Gargousse; mais j'étais, avant comme aujourd'hui, appelé Mathon.
Gargousse !
”
Source : Gallica

Edouard Clavel,  Le solitaire Mathon : histoire du XVIIIe siècle (1865)

“ Les femmes se servent encore de son nom pour faire peur à leurs petits enfants, et ceux-ci de faire aussitôt un signe de croix comme pour éloigner un malheur.
Devant les religieux stupéfaits d'une pareille nouvelle, le solitaire Mathon était à genoux, les bras croisés sur sa poitrine et les yeux à terre : il était morfondu. Que se passait-il en cet homme? Qui pourra jamais le définir? Les chartreux complirent ses larmes qui tombaient abondamment sur la terre qu'ils foulaient ensemble, pour le moment, et qui était encore imbibée du sang que Gargousse avait fait répandre !
”
Source : Gallica

Edouard Clavel,  Le solitaire Mathon : histoire du XVIIIe siècle (1865)

“ Le retour de Rome s'exécuta comme l'aller, et Gargousse revint dans la Gorge-du-Loup pour y vivre et y terminer ses jours, en expiant ses crimes, quoi qu'il advint.
Il s'y tint plus caché que la première fois, et il fit, de l'endroit le plus sombre, son séjour habituel, et d'une étroite caverne, sa retraite la plus sûre..
Privé d'habits par la suite des temps, il vit croître, sur tout son corps, un poil long et soyeux qui lui en tint lieu.
”
Source : Gallica

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