“ Je n’ai pas considéré jusqu’ici l’énergie potentielle qui se développe à l’instant même du choc, par exemple quand deux molécules s’affrontent avec des vitesses égales, s’arrêtant l’une contre l’autre avant de rebondir avec des vitesses inversées. Par molécule, l’énergie potentielle du choc est en moyenne nulle dans un gaz où la durée des chocs est très petite par rapport à la durée qui sépare deux chocs : en d’autres termes, à un instant pris au hasard, l’énergie potentielle de choc d’une molécule est généralement inexistante, et sa valeur moyenne est donc nulle. ”
Jean Perrin
Élements biographiques
Jean Perrin, physicien, chimiste et homme politique français, révolutionna la science en confirmant l'hypothèse atomiste grâce à ses travaux sur le mouvement brownien, preuve de l'existence des molécules. Lauréat du prix Nobel de physique en 1926, il résuma ses recherches dans Les Atomes (1913), ouvrage fondateur.
Enseignant à la Sorbonne et défenseur de l'innovation scientifique, il participa à la création du CNRS et du Palais de la Découverte. Son œuvre, caractérisée par une rigueur expérimentale, reste un pilier de la physique moderne.
Citations de Jean Perrin
Jean Perrin,
À la surface des choses/L’énergie
“ Il faut prendre garde toutefois qu’un corps en mouvement, disons un obus de 10 kilogrammes animé par rapport au sol d’une vitesse de 500 mètres par seconde, ne possède pas plus en soi d’énergie de mouvement qu’il ne possède une vitesse absolue. C’est le système sol-obus, avec vitesse relative de 500 m/sec., qui possède cette énergie. Il faut au moins deux objets en mouvement l’un par rapport à l’autre pour constituer une réserve d’énergie cinétique, sous une forme qui n’est localisée dans aucun d’eux et se manifeste seulement quand, par un mécanisme quelconque, leur vitesse relative change. ”
“ Tous ces caractères forcent à conclure avec Wiener (1863) que « l’agitation n’a pas son origine dans les particules, ni dans une cause extérieure au liquide, mais doit être attribuée à des mouvements internes, caractéristiques de l’état fluide », mouvement que les grains suivent d’autant plus fidèlement qu’ils sont plus petits. Nous atteignons par là une propriété essentielle de ce qu’on appelle un fluide en équilibre : ce repos apparent n’est qu’une illusion due à l’imperfection de nos sens, et correspond, en réalité, à un certain régime permanent de violente agitation désordonnée. ”
