Léon Maury Les origines du gnosticisme, étude d'histoire religieuse… (1884)

En métaphysique, le dualisme entre la matière et l'esprit se retrouve et donne naissance à la cosmogonie suivante : si la matière est la source du mal, ce monde ne peut être que l'oeuvre d'un Dieu imparfait ; ce n'est pas une puissance toute intelligente, toute bonne et, par conséquent, toute spirituelle qui l'a créé; donc, création du monde par une divinité inférieure, le Démiurge. Entre ce monde et le principe absolu, le principe du bien par excellence, le vrai Dieu, une communication directe ne peut s'établir, puisque l'un est la source du bien et l'autre la source du mal.
Source : Gallica

Léon Maury Les origines du gnosticisme, étude d'histoire religieuse… (1884)

L'axiome fondamental de tous les systèmes gnostiques peut s'énoncer ainsi : « Le bien réside dans la connaissance. » La gnose, le mot lui-même l'indique, c'est la recherche de la connaissance : tout est là ; le système en entier se déduit logiquement de cette première affirmation (1) . Or, parler du bien, c'est faire supposer qu'il s'agit d'une théorie morale sur le bien et le mal ; dire de plus que ce bien nous est donné par la connaissance, c'est impliquer qu'à cette théorie morale doivent se joindre des spéculations métaphysiques. C'est là, en effet, le double caractère du gnosticisme.
Source : Gallica

Léon Maury Les origines du gnosticisme, étude d'histoire religieuse… (1884)

De même qu'il y a peu de dualisme dans la philosophie platonicienne, de même il y a peu d'ascétisme ou peu d'immoralité. Ces deux conduites pratiques supposent, en effet, nous l'avons vu, la croyance théorique à la matière source et siège du mal. La morale que prescrit Platon est pure, bienfaisante, juste, naturelle. Elle recommande la vertu, qui est la conformité de l'âme humaine aux idées ; l'oeil fixé sur l'Idée suprême, l'homme de bien s'efforce de l'imiter.
Source : Gallica

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