Léopold Noé

Élements biographiques

Léopold Noé,  Nous étions ennemis sans savoir pourquoi ni comment (1980)

“ Vers les sept heures, les autres de ma cagna sont partis en corvée, car ils n'étaient pas venus dans la nuit ; j'étais seul dans ma couche dans ma cagna ; un violent bombardement nous arrive comme un roulement de tambour ; plusieurs tombent très près mais l'un est venu taper contre le montant de la porte qui fait face au front ; les boiseries volent avec la terre ; je me chausse vite car je suis pieds-nus,
bourre ma pipe et me mets à la fumer tranquillement sans trop me tracasser si l'obus qui mettra fin à mes souffrances viendra aujourd'hui ou demain.
”
Source : Gallica

Léopold Noé,  Nous étions ennemis sans savoir pourquoi ni comment (1980)

“ Les obus passent tout le temps sur nos têtes avec leur sinistre sifflement, mais ils vont tomber plus loin. Après dîner, je reviens faire la chasse aux poux ; j'en tue encore une douzaine, et cela durera jusqu'à la fin de la guerre, donc je n'en parlerai plus. A 20 h, nous allons nettoyer les tranchées. Le zimmm des obus, se croisant sur nos têtes tout le temps ; une balle me passe si près de l'oreille gauche que j'en ai senti le vent. Je me baisse vite et descends dans le boyau. ”
Source : Gallica

Léopold Noé,  Nous étions ennemis sans savoir pourquoi ni comment (1980)

“ Pluie tout le temps. Sommes avec le camarade Castella de Saint-Paul-de-Fenouillet, employé dans la vie civile à la Société Méridionale de Transport de Force de Carcassonne, comme moi. Rentrons dans des abris souterrains immenses, c'est un véritable village sous terre, un long couloir qui, dit-on, a sept kilomètres ou huit de longueur, des chambres tout le long de tous côtés. Les cuisines se font ici en ligne à sept mètres sous terre. Tout cela a été fait par les Allemands, nous le leur avons pris dernièrement, il y a une quinzaine de jours, des cadavres sont encore dessus. ”
Source : Gallica

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