Georges Boucheron

Élements biographiques

Portrait de Georges Boucheron Georges Boucheron,  L'assaut : l'Argonne et Vauquois avec la 10e division… (1917)

“ La fusillade s'apaise, elle reprendra pour un rien dans quelques instants, les canons de fusils sont chaud.
Je vais voir le cadavre barrant la tranchée.
Sans fièvre d'assaut, sans l'enthousiasme de la bataille, sans griserie, sans élan, sans possibilité de se défendre, l'homme tombe, ses camarades jettent un regard sur lui, demain ce sera leur tour.
Presque toujours une question part des lèvres du voisin qui continue de tirer.
— Est-ce qu'il est marié, a-t-il des gosses ?
Et le tir continue plus rageur, mieux ajusté, féroce, avec des désirs de vengeance.
”
Source : Gallica

Portrait de Georges Boucheron Georges Boucheron,  L'assaut : l'Argonne et Vauquois avec la 10e division… (1917)

“ Les uniformes sont devenus d'un blanc laiteux ou brunâtre, suivant que le séjour a eu lieu dans la craie ou la terre, les figures sales, sillonnées de raies terreuses ou noires, lavées par la pluie et la boue laissent voir les traits tirés.
Les faces sont émaciées, mais énergiques, les lèvres apparaissent rouges, les yeux fiévreux mettent leur tache ardente de vie dans ces visages de boue, les hommes marchent courbés, s'appuyant sur les cannes coupées en forêt. Ils aspirent à une nuit de repos dans la paille, sous un toit, sans entendre d'obus.
”
Source : Gallica

Portrait de Georges Boucheron Georges Boucheron,  L'assaut : l'Argonne et Vauquois avec la 10e division… (1917)

“ Les plus braves attendent sans réaction. Ni l'intelligence, ni la volonté, ni la bravoure ne peuvent nous donner autre chose que la force morale de rester et c'est beaucoup. L'enivrement du combat a disparu, comme des bêtes traquées nous tendons nos nerfs. Il faut monter la garde, nous la monterons jusqu'à la relève ou jusqu'à la mort.
Au début un peu d'angoisse m'étreint, je n'ai pas peur de la mort, mais la crainte vague de l'inconnu, comment serai-je touché. J'ai une autre crainte c'est que mes camarades ou mes hommes aient l'impression que j'ai peur.
”
Source : Gallica

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