“ La nature était et surtout nous paraissait d’autant plus calme que la ville en fête était plus agitée et plus bruyante. La solitude et le silence régnaient autour de nous. Moi, qui, un instant auparavant, au milieu de la foule, désirais ardemment avoir un tête-à-tête avec Pia, pour pouvoir lui exprimer les sentiments que je sentais bouillonner en mon âme, je ne trouvais pas une parole ; ma langue s’attachait à mon palais, et mon cœur battait à briser ma poitrine. Faisant enfin un effort, je prononçai ces mots : « Pia, ma chère Pia !... » ”
R. Raguey
Élements biographiques
R. Raguey (1890-1918) a publié des œuvres comme Le Buste voilé. Ses écrits évoquent Pia, miss Margaret ou Nino.
Citations de R. Raguey
“ Les hommes vraiment jeunes sont ceux qui ont encore un désir, une ambition à satisfaire ; c’est cela qui les pousse, qui les soutient, qui les rend forts. Avec Pia tout a cessé pour moi ; elle est morte de mon amour, et c’est sa mort qui me tuera. Mais du moins, je veux aller près du lieu où elle repose, pour m’y endormir de mon dernier sommeil. Je partirai donc sous peu pour l’Italie, emportant ce buste que je veux placer moi-même sur sa tombe, comme un monument d’amour et d’expiation. ”
“ Oui, vous comprenez cela, vous : l’artiste, qui, après une longue et parfois bien laborieuse gestation de l’idée, la voit enfin prendre la forme matérielle rêvée, ressemble un peu à la mère, qui voyant son nouveau-né, oublie le mal qu’il lui a causé, et l’embrasse avec d’autant plus de bonheur qu’il lui représente plus fidèlement les traits de celui qu’elle aime. J’ai été dans cette situation quand j’ai pu contempler enfin cet enfant de mon cœur et de mes souvenirs. ”
“ On aurait dit que la nuit, comme un génie bienfaisant, s’était plu à rendre à mon pauvre diamant terni une de ses brillantes facettes. C’était une régénération progressive, et j’assistais, plein d’émotion et de reconnaissance, à ce spectacle de la jeunesse reprenant ses forces, et de la beauté retrouvant une à une toutes ses splendeurs. Au bout d’une semaine, un véritable miracle s’était accompli. J’avais devant moi Pia redevenue belle, que dis-je ? plus belle cent fois qu’elle ne l’avait jamais été, car la certitude qu’elle avait d’être aimée donnait à tous ses traits un rayonnement céleste. ”
“ Tu ne veux pas, tu ne pas pas te marier encore, mais le voudrais-tu, ce n’est pas là que tu dois faire ton choix. Laisse donc cette jeune fille qui ne sera pas ta femme ; ne trouble pas le repos de son âme ; laisse-la dans la sphère, qui lui est propre attendre, sans que sa virginale candeur ait à rougir ou à souffrir, l’heure qui lui amènera un époux. Et puis la vanité s’en mêlant, je me demandais sottement, bêtement, ce qu’on dirait quand on apprendrait dans le pays que Carlo Rinaldi, l’artiste, avait pris pour femme une « fornarina », une boulangère ! ”
“ Quand je fus sur le point de la quitter, elle me dit tout bas que la prochaine fois elle s’avancerait un peu à ma rencontre, avec Nino, et qu’ainsi nous pourrions rester quelque temps ensemble loin de tout témoin. Cette assurance me transporta de joie, et je partis le cœur frémissant d’espoir. Pendant tout le trajet de Fiesole à Prato, je n’eus qu’une pensée, celle de Pia, et mon imagination parcourut un à un tous les rêves que l’amour peut faire naître dans l’esprit d’un jeune homme de vingt ans. ”
“ Carlo, dans un élan d’admiration, d’enthousiasme et d’amour, était monté sur l’escabeau qui était devant lui ; et entourant un buste de ses bras, il disait presque en délire : « cara mia, tu vici, tu vici ! » Ma bien-aimée tu vis, oui, tu vis ! Et ses lèvres baisaient ardemment le marbre. Puis tout à coup replaçant le voile sur son œuvre, il reculait en criant d’une voix déchirante : « E pure sei morta ! » Et cependant tu es morte ! ”
“ Pourtant le fond de mon être est la bonté. En me parlant ainsi elle me regardait, et son regard avait une expression de tendresse infinie dont je fus véritablement troublé ; et saisissant au passage cette illumination soudaine de sa physionomie, je me remis à l’œuvre et je fus assez heureux pour la fixer à tout jamais sur le marbre. Quand j’eus fini, miss Margaret poussa un cri de joie suprême, et me saisissant les mains, elle me dit : vous êtes un grand artiste. J’étais sous l’empire d’une émotion facile à comprendre. ”
“ Tout ce que l’art de la « flirtation » peut fournir à une femme de ressources, elle l’employa, et je fus un jour sur le point de succomber aux enchantements de cette Circé. La tête perdue, les sens en délire, j’allais me jeter à ses pieds. Tout à coup je crus voir ma belle et douce Pia se placer entre elle et moi. Son nom vint comme un cri de remords sur mes lèvres. Miss Margaret, qui posait en ce moment pour son buste, quitta sa place, froide et dédaigneuse, en me disant : — Vous n’êtes pas en bonnes dispositions pour travailler aujourd’hui monsieur. ”
“ Croiriez-vous que la tombe qui touche presque à celle de Pia renferme la dépouille mortelle de sir Edwards ? Oui, le pauvre garçon l’aimait, lui aussi ; il n’a pu lui survivre. Avant de mourir il a choisi sa place, et maintenant il repose à jamais près d’elle. Il est mort, et moi je vis encore ! Amère dérision ! Dans les premiers moments, je lui en ai voulu de ce que je considérais comme une usurpation, et, j’ai honte de l’avouer, mon cœur a été mordu par la jalousie, mais j’ai bientôt senti que, par delà la tombe, nos misérables passions humaines s’évanouissent. ”
“ Enfin la sœur de Pia me dit : — Dans notre malheur nous devons encore bénir le ciel, qui vient de faire presque un miracle en rendant la parole à ce cher enfant. Et c’est par vous que cela est arrivé : Soyez béni, et si Dieu n’a pas voulu me faire votre sœur, aux yeux du monde, je la suis et la serai toujours par le cœur. Falghieri ne put que me serrer la main, mais son étreinte m’en dit assez pour me faire croire que j’avais un ami de plus. Nino m’embrassa en répétant : Pia, Pia ! Cher enfant ! que ce premier mot que tu as prononcé te porte bonheur ! ”
“ Alors, je sentis mes cheveux se dresser sur la tête, mes dents claquèrent, tout mon corps fut secoué d’un tremblement convulsif, un voile épais s’abaissa sur mes yeux, et je tombai la face contre terre comme un homme frappé en pleine poitrine. Quand je revins à moi, j’étais couché sur un petit lit de fer, celui peut-être où avait reposé Pia, et deux personnes me veillaient : c’était Peppina et son oncle, le révérend père Balzani. ”
“ Oh ! c’est un doux moment que celui où, pour la première fois, on sent à son bras la femme que l’on aime ! Nous étions déjà à l’extrémité de la haie, et nous n’avions pas encore repris notre conversation. Il est des situations où la bouche ne cherche plus les mots pour traduire les émotions de l’âme. Durant ce temps-là, semblable à un jeune faon, qui s’éloigne de sa mère pour gambader et essayer ses forces, Nino courait à travers l’herbe humide de rosée. ”
“ Nino, tout effaré, vint se jeter contre nous, et il nous montrait du doigt le milieu du chemin. C’était une couleuvre dérangée par lui qui s’enfuyait tortueusement et en sifflant. Pia eut un frisson d’horreur, et saisissant l’enfant par la main, elle me dit : « Partons, partons. Ah ! pourquoi ai-je vu cette horrible bête ? » VI Le lendemain de ce jour, qui fut un des plus beaux de ma vie, j’étais dans mon atelier, repassant en esprit les moindres circonstances du récit de Pia, et m’enivrant du bonheur d’être aimé par une si adorable créature, lorsque j’entendis frapper à ma porte. ”
“ Allons, Nino, dis au revoir à monsieur, qui est si bon pour toi. L’enfant qui entendait et comprenait tout ce qu’on disait, porta sa petite main à ses lèvres et m’envoya un baiser. Je le lui rendis, puis regardant Pia, je la saluai courtoisement. Je la vis s’éloigner et je sentis que mon cœur s’envolait avec elle. Resté seul, je voulus me remettre au travail ; mais je ne le pus. Soit bien-être ou malaise, chose que je n’aurais su définir en ce moment, je ne pouvais rester en place. J’étouffais dans mon atelier ; je sentais que j’avais besoin du grand air. ”
“ Bientôt il me questionna sur mon voyage, et prit un véritable plaisir à m’entendre parler avec enthousiasme de tout ce que j’avais vu de grand et de beau dans la capitale du monde chrétien. — Ah ! me dit-il, avec une expression de profond regret, plus heureux que moi, qui suis pourtant italien, vous avez visité Rome ! — Si le bonheur vous a manqué, il vous en reste bien d’autres. — Ah ! mon ami, il n’y a plus de bonheur pour moi ; il s’est envolé à tout jamais. Ce n’est pas pour longtemps que Dieu envoie ses anges sur la terre. ”
“ En la voyant rire et plaisanter si légèrement des choses du cœur, je doutais qu’elle pût être susceptible de ces sentiments de tendresse qui sont le fond de la nature des femmes, et qui nous les rendent si chères. Elle m’apparaissait alors comme un petit monstre en qui le sens de l’amour manquait, et je me sentais pris pour elle d’une soudaine horreur. Un jour où ses railleries à propos de l’amour m’avaient presque exaspéré, je lui dis sans ménagement et sans prudence : — Je plains l’homme qui, attiré par les charmes de votre personne, viendra heurter à la porte de votre cœur. ”
“ Qui vous dit que l’épreuve qu’il vous fait subir n’était pas nécessaire pour vous éloigner d’une voie qui n’est pas la vôtre, et vous faire entrer ou ramener dans celle où vous pourrez accomplir vos destinées. Pleurez : les larmes nous soulagent ; mais ne blasphémez pas. Mes larmes ne purent couler ; la douleur les brûlait dans mes yeux, et malgré les sages paroles du bon moine la révolte grondait dans mon cœur. J’avais hâte de partir pour me trouver seul. Je quittai donc le père Balzani et la bonne Peppina. ”
“ Et puis, dois-je le confesser ? c’était un moyen pour moi de m’éloigner pour assez longtemps de Pia. J’espérais que je cesserais de penser à elle, du moins de manière à en souffrir, et qu’elle-même finirait par oublier, ou du moins qu’elle ne verrait plus que comme une ombre vague, indécise, se perdant dans le lointain, le rêve à peine commencé de notre amour. Je me demande souvent par quelle loi bizarre de la destinée l’homme se trouve condamné à se mouvoir toujours dans un milieu d’oppositions et de contradictions. ”
“ Qu’un baiser soit donc le gage et le sceau de notre bonheur à venir ! Aussi éperdue que moi de joie et d’amour la chère enfant reçut et rendit le baiser ; puis toute tremblante à mon bras elle chercha Nino du regard. L’enfant était encore à jouer dans la prairie ; il n’avait rien vu : mais comme s’il devait être une sauvegarde contre un plus grand danger, elle l’appela et le retint près de nous. Nous longeâmes encore deux fois la haie, sans nous dire grand’chose. Moi, j’étais frémissant, j’avais le feu dans les veines, et tous mes sens étaient bouleversés. Pia marchait la tête baissée. ”
“ Tout le monde y verra la main d’un artiste souverainement habile ; mais moi, je n’y vois pas le rayonnement de l’âme, ce je ne sais quoi qui fait dire à celui qui regarde un tableau ou un buste : il y a là une nature aimante. ”
“ Parfois, je me sentais brisé, broyé ; il me semblait que mon corps allait tomber en dissolution ; parfois, au contraire, j’éprouvais une telle surexcitation dans tout mon être que j’aurais voulu lutter contre la nature entière. Par moments aussi il me semblait qu’une griffe de vautour me déchirait le cœur, et ma main, comme si elle eût voulu la saisir et la briser, labourait de ses ongles ma poitrine. ”
“ Un instant après, je vis le pétulant Nino, franchissant la porte du jardin et courant vers moi. Bientôt Pia et Peppina parurent à leur tour et se mirent à sa poursuite. Le groupe charmant arriva près de moi en même temps. Ne sachant pas si Pia avait mis son amie dans la confidence, je voulus sauver les apparences et je feignis un instant l’étonnement. Mais aux paroles qu’elle prononça, je compris que j’étais attendu ; ce qui nous mit tous beaucoup plus à l’aise. ”
“ Ce qu’une jeune personne italienne ou française ne pourra pas faire sans imprudence et même sans s’attirer un blâme sévère, une jeune fille américaine ou anglaise a le droit de le faire. Par exemple, si parmi les hommes que nous voyons, il en est un qui nous paraisse digne de notre estime et de notre amour, nous pouvons le lui faire comprendre et même le lui avouer sans que notre réputation ait à en souffrir. ”
“ Son père et sa mère, bien près de croire à un miracle, se mirent à l’embrasser avec une religieuse effusion. Nino, heureux et triomphant, répéta les mêmes paroles en désignant le buste. Alors la sœur de Pia regarda longuement, tendrement. Je lisais dans ses yeux et sur son visage, tour à tour, la tristesse, la joie, l’admiration, puis je l’entendis dire à son mari qui restait comme pétrifié. Comme c’est bien elle ! comme elle lui ressemble ! on dirait qu’elle va parler. Il n’y a que le signor Carlo Rinaldi capable de nous l’avoir rendue ainsi. Bien sûr, c’est lui. ”
“ De ce moment, l’amour-propre se mit de la partie et creusa un abîme entre nous. De retour à Prato, j’eus soin de ne pas rompre immédiatement avec les Falghieri. Je fus les revoir comme par le passé ; mais tout en désirant secrètement que Pia pût me rencontrer, je m’arrangeais toujours de manière à ce qu’elle ne fût pas là au moment de mes visites. De son côté, si parfois elle se trouvait en ma présence, Pia se contentait d’échanger avec moi les quelques paroles d’une politesse banale, et trouvait fort adroitement le moyen d’éviter les occasions où nous aurions pu nous expliquer. ”
“ Dans une petite ville de quelques milliers d’âmes, les morts ne sont pas très fréquentes. Aussi me fut-il facile de trouver la place où reposait ma bien-aimée. Je me précipitai vers la terre fraîchement remuée, et je tombai à genoux en criant : Pia, ma chère Pia, m’entends-tu ? Réponds-moi... C’est Carlo, qui vient te dire le dernier adieu. Mais non, tu n’es pas, tu ne peux pas être morte..., ils t’ont enterrée vivante, les insensés... ”
“ Je sentis en moi des élans de compassion et de passion ; je fus sur le point de lui crier : Oh ! ne souffre plus, ma belle Pia, je t’aime, je t’aime ! Mais ce que j’appelais ma raison, fit taire tous ces nobles mouvements de mon âme. Et j’avais vingt ans ! Ah ! quels beaux fruits a portés ma raison ! Sur ces entrefaites, un riche Américain du nom de John Palmer, ayant des travaux d’art à faire exécuter dans sa villa qui était aux environs de Montepulciano, vint me trouver et me les proposa, à la condition que je consentirais à m’installer chez lui jusqu’à leur entier achèvement. ”
“ Comme une rosée céleste, il vient rafraîchir mon âme et relever mon espoir. Oui, n’est-ce pas, vous serez mon époux ; nous marcherons dans la vie fiers l’un de l’autre et unis pour toujours. — Oui, ma belle Pia. Mais encore un baiser. — Non, non, l’enfant est là. Et quittant vivement mon bras, elle prit Nino par la main et se mit à courir avec lui jusqu’à ce qu’elle fût sortie de la prairie. Je les rejoignis, et nous gravîmes la colline jusqu’à la maisonnette de Peppina. Chemin faisant, j’adressai de doux reproches à Pia, mais au fond je me sentais heureux de son refus. ”
“ Pia, le saisissant par les ailes et l’approchant de mon visage, me dit avec une grâce charmante et naïve : — C’est ainsi que je voudrais pouvoir vous tenir, papillon volage ; je n’aurais plus à craindre de vous voir voltiger des Américaines aux Françaises. — Reconnaissez que l’homme et la femme ainsi enchaînés n’auraient pas grand mérite à rester fidèles et sages. La vertu, pour être la vertu, a besoin d’un peu plus de liberté. ”
“ Autant le désir exprimé par la jeune fille d’avoir son buste m’avait flatté, autant l’indifférence du jeune frère me froissait. Mais je ne laissai percer ni l’un ni l’autre de ces sentiments. Je n’étais pas fâché, d’ailleurs, qu’ils ignorassent que je savais assez d’anglais pour pouvoir les comprendre. Bientôt miss Margaret devint une visiteuse assidue de mon atelier. Son frère venait quelquefois avec elle ; mais le plus souvent elle était seule ; ce qui n’a rien de surprenant pour ceux qui connaissent de quelle liberté jouissent les jeunes filles anglaises et américaines. ”
“ Cependant Nino venait plus fréquemment que de coutume, et je crois que ma pauvre Pia l’envoyait souvent pour avoir une occasion de venir le chercher, et peut-être de voir un peu ce qui se passait chez moi. Ce petit manège ne put échapper à miss Margaret, qui avait déjà pris en aversion Nino, et qui ayant vu Pia, se mit à me vanter sa beauté en termes tellement hyperboliques, que j’y vis moins la franchise que la jalousie et un secret orgueil froissé. Elle finit son éloge en disant : « C’est dommage que cette fille soit née dans la boutique d’un boulanger. » ”
“ J’aurais voulu pouvoir le prendre et le jeter dans la rue. — Si mademoiselle veut me faire servir un verre de vin, continua-t-il, sans remarquer mon malaise ou sans en avoir souci, je lui serai bien obligé. — Vous ne vous apercevez pas, sir Edwards, que cette maison n’est pas une auberge. — En effet, dit Pia, moitié froissée et moitié souriante de l’étrangeté de ses manières, nous vendons du pain, mais nous ne servons ni à boire ni à manger. — C’est égal, une fois n’est pas coutume. Ces cressini donnent une soif d’enfer. Mademoiselle, voulez-vous avoir la bonté... ”
“ Vous ne pouvez partager les sentiments que j’éprouve ; c’est un malheur dont je souffre et dont je souffrirai seule. Si la femme a le don de l’amour et du dévoûment, elle a aussi celui de la résignation. Je saurai le prouver. Nous ne nous reverrons plus jamais sans aucun doute, séparons-nous amis. Pensez quelquefois à celle qui ne pouvant être la signora Rinaldi, veut rester et restera toujours miss Margaret Palmer. Elle me regarda en me tendant la main, et je vis perler une grosse larme dans ses yeux. ”
“ L’ensemble de sa physionomie annonçait les riantes pensées, les gais propos, les audacieuses entreprises. Enfin on voyait que miss Palmer était une de ces natures qui se livrent tout entières au bonheur de vivre, et qui ont besoin d’épancher au dehors le trop-plein de leur âme. ”
