Adam Szymanski

Résumé

Adam Szymanski Kowalski le menuisier

Le soleil triomphe enfin, la sève éclate dans la profondeur des forêts ; la Grande-Léna, la reine des eaux, l’aïeule, comme l’appellent les Sibériens, est enfin rappelée à la vie. Et l’on assiste, vers les derniers jours de mai, dans la ville de Yakoutz, à un curieux spectacle. Le long des rues, tous les habitans, hommes, femmes, enfans, vieillards, marchent attentifs, le cou tendu, l’oreille au guet, surveillant le moindre bruit venant du fleuve. Chaque vibration de l’air arrête brusquement leurs pas; ils se tournent du côté du levant et écoutent dans un profond recueillement.
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Adam Szymanski Kowalski le menuisier

Bruyamment ils se dispersent dans toutes les directions et se hâtent d’aller porter à ceux qui sont demeurés au logis la grande nouvelle. Et ce n’est pas seulement aux amis, mais à tous les indifférens, que, mus par un sentiment de fraternel devoir, ils jettent ces mots magiques :
— La Lena a bougé !..
Bientôt ces paroles, répétées à l’infini, modulées par des centaines de voix, arrivent aux yourtes (maisons) les plus reculées. Une fièvre saisit alors toute cette population; ceux qui peuvent seulement se lever s’empressent de se vêtir, et tous, d’un élan unanime, courent au bord du fleuve.
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Adam Szymanski Kowalski le menuisier

Je sais bien, dit-il vivement, que je vais mourir ; il est inutile de me cacher ce que je vois clairement. Si je vous ai fait demander, c’est que je sentais bien moi-même que j’allais m’en aller, sinon je ne parlerais pas... J’ai craint que personne ne vînt, que plus personne au monde ne m’entendît... et que Celui que vous nommez le Dieu de miséricorde ne soit parvenu à m’enlever jusqu’à la parole... Je vous remercie de votre bonté et vous souhaite, si jamais vous arrivez à la fin d’une vie aussi misérable que la mienne, de ne pas mourir abandonnés...
Kowalski se tut.
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