Résumé

Portrait de Arthur de Gobineau Arthur de Gobineau Nouvelles asiatiques (Nouvelle édition… (1913)

Djemylèh, tout au contraire. Elle regarda son amant, et le voyant pâle : — Qu'as-tu ? lui dit-elle, ne suis-je pas avec toi ?
Ma vie n'est-elle pas dans la tienne ? Si l'un de nous meurt, l'autre ne va-t-il pas mourir tout de suite aussi ?
Qui nous séparera ?
— Personne ! répondit Mohsèn. Mais, toi, toi, toi, devenir malheureuse ! Toi, frappée !
A cette pensée, il cacha son visage dans ses mains et se mit à pleurer amèrement. Elle écarta gentiment les doigts mouillés de larmes, crispés sur le front et sur les joues qu'elle aimait, et jetant les bras autour du cou de Mohsèn : — Non ! oh !
Source : Gallica

Portrait de Arthur de Gobineau Arthur de Gobineau Nouvelles asiatiques (Nouvelle édition… (1913)

Le salut soit sur toi, fils de mon oncle ! lui ditelle, tu viens pour tuer Elèm !
Mohsèn eut un éblouissement et ses yeux se troublèrent. Depuis cinq ans, il n'avait pas vu sa cousine.
Comme l'enfant, devenue femme, était changée ! Elle se tenait devant lui dans toute la perfection d'une beauté qu'il n'avait imaginée jamais, ravissante par elle-même, adorable dans sa robe de gaze rouge à fleurs d'or, ses beaux cheveux entourés, il ne savait comment, dans des voiles bleus, transparents, brodés d'argent, éclairés d'une rose. Son cœur battit, son âme s'enivra, il ne put répondre un seul mot.
Source : Gallica

Portrait de Arthur de Gobineau Arthur de Gobineau Nouvelles asiatiques (Nouvelle édition… (1913)

Tu es l'esclave de l'amour ! Esclave échappé de l'amour, reviens à ton maître !
Et comme Kassem continuait sa route, tête basse, la compagne presque inséparable d'un amour profond, sa compagne vengeresse l'atteignit, et une tristesse irrésistible s'empara de lui, absolument comme l'obscurité nocturne envahit, le soir, la campagne.
Le jeune homme avait beau se débattre, il était pris, il était repris. Il avait cru que ce n'était rien que d'aimer Amynèh et de la quitter. Mais l'amour s'était joué de lui. Il se répétait : — La passion n'est rien ; qu'on la regarde en face, et elle tombe !
Source : Gallica

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