Arthur de Gobineau,
Nouvelles asiatiques (Nouvelle édition…
(1913)
“ Djemylèh, tout au contraire. Elle regarda son amant, et le voyant pâle : — Qu'as-tu ? lui dit-elle, ne suis-je pas avec toi ? Ma vie n'est-elle pas dans la tienne ? Si l'un de nous meurt, l'autre ne va-t-il pas mourir tout de suite aussi ? Qui nous séparera ? — Personne ! répondit Mohsèn. Mais, toi, toi, toi, devenir malheureuse ! Toi, frappée ! A cette pensée, il cacha son visage dans ses mains et se mit à pleurer amèrement. Elle écarta gentiment les doigts mouillés de larmes, crispés sur le front et sur les joues qu'elle aimait, et jetant les bras autour du cou de Mohsèn : — Non ! oh ! ”
