Camille Mélinand

Résumé

Camille Mélinand L'homme et ses désirs (1932)

Ce qui est certain, c'est qu'il n'y a pas d'amour sans l'idée du corps, ne serait-ce que l'idée de la beauté du visage. L'instinct de puissance, que nous retrouvons ici comme partout : l'amour en est rarement indemne. Il l'est, dans les cas privilégiés, dans l'amour vrai qui, bien loin de chercher à commander et à gouverner, ne cherche guère qu'à donner et à se dévouer. Mais cet amour-là est très rare ; et, presque toujours, se mêle à
l'amour la passion de régner sur une âme, d'être tout son destin, son bonheur et son malheur, sa volonté, sa pensée, son idéal.
Source : Gallica

Camille Mélinand L'homme et ses désirs (1932)

Comme être individuel, ayant une destinée personnelle, autonome, centre d'un monde, le sujet tend à se concentrer en lui-même, à ne considérer que lui, à ne tenir compte que de lui, voilà la voie de l'orgueil et, à la limite, de la solitude hautaine ! Mais comme être social, comme cellule d'un immense corps, qui est la société, l'homme a un destin social : il tend à vivre avec les autres, par les autres, dans les autres, à tirer d'eux ses joies et ses peines, à quêter leur approbation et leur admiration, à recevoir d'eux l'image même qu'il a de lui-même : c'est la voie de la vanité.
Source : Gallica

Camille Mélinand L'homme et ses désirs (1932)

C'est une sorte d'égoïsme d'abstention, qui souvent se masque, suivant la règle, d'un euphémisme. « On est juste, on ne fait de mal à personne, on laisse la paix aux gens ». L'euphémisme, comme on sait, est le grand moyen de mensonge à soi-même.
L'égoïsme du fort, c'est, au contraire, l'égoïsme absorbant, conquérant, dévorateur, c'est celui de
l'homme de proie. Il sait que les autres existent et se sert d'eux comme d'instruments. C'est celui de l'homme d'affaires sans scrupules, de l'ambitieux sans bonté ; mais là nous touchons au désir de puissance, objet de notre étude précédente.
Source : Gallica

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