Camille Mélinand

Élements biographiques

Camille Mélinand Revue des Deux Mondes

Qu’est-ce que « l’esprit », si ce n’est un pétillement de souvenirs à la fois surprenans et opportuns, imprévus et attendus, étranges et naturels ? Qu’est-ce que le talent — d’un écrivain par exemple, — si ce n’est avant tout une mémoire capable de fournir au bon moment toutes les idées qui conviennent au sujet, et tous les mots et tous les tours qui conviennent à ces idées ? Qu’est-ce même que le génie ? qu’est-ce que la découverte sublime d’un Newton ou d’un Darwin, si ce n’est encore un souvenir qui jaillit du fond de la mémoire et qui ouvre alors à l’esprit des perspectives infinies ?
Source : Wikisource

Camille Mélinand L'homme et ses désirs (1932)

Comme être individuel, ayant une destinée personnelle, autonome, centre d'un monde, le sujet tend à se concentrer en lui-même, à ne considérer que lui, à ne tenir compte que de lui, voilà la voie de l'orgueil et, à la limite, de la solitude hautaine ! Mais comme être social, comme cellule d'un immense corps, qui est la société, l'homme a un destin social : il tend à vivre avec les autres, par les autres, dans les autres, à tirer d'eux ses joies et ses peines, à quêter leur approbation et leur admiration, à recevoir d'eux l'image même qu'il a de lui-même : c'est la voie de la vanité.
Source : Gallica

Camille Mélinand Revue des Deux Mondes tome 119…

Toutes les fois que nous rougissons, nous craignons pour ce qu’il y a de secret en nous. Nous avons peur qu’on ne voie au fond de nous : modestes, nous avons peur qu’on ne voie au fond de nous une joie de vanité ; pudiques, qu’on ne voie au fond de nous une pensée interdite ; timides, qu’on ne voie au fond de nous une émotion ridicule ; coupables, qu’on ne voie au fond de nous un souvenir inavouable.
Dans tous ces cas, la rougeur va directement contre notre intérêt. Nous tremblons qu’on ne devine en nous une joie secrète, et la rougeur trahit cette joie.
Source : Wikisource

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